Viols en prison: la surpopulation, "un facteur à prendre en compte"

Le viol collectif d'un prisonnier à Mons pose question. Les victimes sont-elles délaissées?
Le viol collectif d'un prisonnier à Mons pose question. Les victimes sont-elles délaissées? - © PHILIPPE HUGUEN

A la prison de Mons, le dépôt de plainte tardif d’un détenu affirmant avoir été victime d’un viol collectif pose question. Dans notre chat ce lundi, Me Nicolas Cohen, avocat au Barreau de Bruxelles et membre de l’Observatoire International des prisons (OIP), identifiait certaines causes possibles, comme la surpopulation, et répondait à vos questions.

Les autorités judiciaires prennent-elles suffisamment ces cas au sérieux ? Les victimes mises en isolement pour leur protection ne sont-elles pas punies à la place de leurs agresseurs ? Y a-t-il un tabou sur ces questions, un déni ?

D'après notre invité Me Nicolas Cohen, avocat et membre de l'OIP, "La prison accroît les tensions et les violences qui existent en société. La surpopulation augmente la promiscuité, et l'intimité est un concept bien éloigné du quotidien des détenus. Elle est donc un des facteurs de violence à prendre en compte dans ce type de faits."

Mais il insiste, il ne faut pas tout miser sur le désengorgement des prisons pour diminuer le taux de violence sexuelles entre détenus : "Il faut de toute façon aider les victimes et agir en prévention des agressions indépendamment de l'action de l'Etat quant à la surpopulation. Le Comité pour la prévention de la torture (CPT), organe du Conseil de l'Europe, avait déjà pointé du doigt en 2009 la réticence des agents pénitentiaires à intervenir lors de violences entre détenus, le manque de formation des agents dans la gestion de conflits mais aussi l'absence de suivi médical systématique dès qu'un détenu a été victime de violence. Ces observations restent malheureusement d'actualité."

Aujourd’hui, après son hospitalisation, le détenu d’une cinquantaine d’années à l’origine de la plainte se sent constamment menacé. Il met en cause sept prisonniers qui l’auraient agressé et violé dans les douches de la prison de Mons. Terrorisé, il s’est finalement résolu à en parler à la direction. Le Parquet de Mons a ouvert une enquête.

Pour Me Benjamine Bovy, avocate au Barreau de Bruxelles et membre de l’OIP, "On atteint avec cette histoire l’apogée de la violence sexuelle en prison." Elle ajoute qu’ "On ne dispose malheureusement pas de beaucoup de chiffres, car les faits sont rarement dénoncés." Et l'enquête ouverte, la victime sera amenée à identifier ses agresseurs. Une étape forcément très difficile. Il a été placé dans une aile de haute surveillance.

Relisez ci-dessous notre chat de ce lundi, dans lequel Me Nicolas Cohen, avocat au Barreau de Bruxelles et membre de l’Observatoire International des prisons, répondait à vos questions.

G.R.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK