Viols en Belgique: selon Amnesty, une femme sur 4 violée par son conjoint

Viols en Belgique : selon Amnesty, 4 femmes sur 10
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Viols en Belgique : selon Amnesty, 4 femmes sur 10 - © CHRISTOPHE ARCHAMBAULT - AFP

Combien de femmes sont victimes de viol en Belgique ? La réponse est loin d’être simple, de nombreuses victimes ne portent pas plainte, certaines ont même tendance à banaliser ce qu’elles ont subi, notamment au sein du couple. Mais les estimations et les enquêtes sont effrayantes. 

Ce matin sur l’antenne de la Première, la journaliste féministe Victoire Tuaillon, créatrice du podcast "Des couilles sur la table", affirmait qu’une femme sur quatre en Belgique a été ou sera victime d’un viol. "Au fil des prises de conscience, ce chiffre augmente parce qu’il y a plein de situations violentes qui sont des viols. Le cas du violeur dans un parking, armé d’un couteau, est très rare. La plupart des femmes violées ne l’ont pas été par des monstres mais par des hommes qu’elles connaissaient. La situation en Belgique est sensiblement la même qu’en France." Un quart des femmes violées, ce chiffre interpellant est confirmé par d’autres sources et il serait même en de ça de la réalité. Selon un sondage réalisé en 2014 par Amnesty International Belgique, 13% des femmes ont été victimes d’un viol en dehors du couple et surtout 24,9% ont été victimes d’une relation sexuelle forcée, autrement dit un viol commis par leur partenaire ou leur conjoint. Selon l’enquête, réalisée auprès 2000 personnes, deux tiers des victimes n’ont jamais entrepris la moindre démarche, que ce soit une plainte auprès de la Justice ou même une confidence à un(e) proche.

Autres statistiques, ceux réunis par l’IWEPS, l’Institut wallon de la statistique. Il en ressort que 36%, plus d’une femme sur trois a subi des violences physiques et/ou sexuelles depuis l’âge de 15 ans en Wallonie. Par ailleurs, plus de deux personnes sur cinq (44%) connaissent dans leur cercle d’ami(e) s et dans la famille des femmes victimes de violences domestiques. Des violences qui visent aussi parfois des hommes mais les chiffres sont dérisoires. La ligne "Ecoute violences conjugales" a reçu en 2015 un total de 2711 appels, soit 11 appels par jour, et 87% de ces appels concernaient des victimes féminines.

La violence psychologique toucherait 1 femme sur 2

A quelques jours de la Journée internationale pour l’élimination de la violence faite aux femmes, il est important aussi de rappeler que ces violences ne sont pas que physiques. En région bruxelloise, les chiffres pour 2018 viennent de sortir, plus d’une femme sur deux déclare subir ou avoir subi des violences psychologiques de la part de son partenaire. Une énorme proportion qui est bien loin des 1171 cas enregistrés par les statistiques de criminalité. Non seulement la plupart des auteurs ignorent que les brimades, les humiliations, les comportements dénigrants de plus en plus systématiques qu’ils imposent à leur partenaire ou ex-partenaire sont déjà des actes de violence très destructeurs, mais les victimes elles-mêmes encouragent ce déni en renonçant trop souvent à dénoncer les faits auprès de la Justice. C’est le même phénomène qui est constaté pour les violences physiques et les viols. La police a enregistré en 2107 un total de 3440 plaintes pour violences sexuelles graves, soit un peu moins de 10 par jour. Or, on estime que seules 16% des victimes font l’effort de passer la porte d’un commissariat. De quoi s’interroger sur l’accueil que les victimes reçoivent, tant au dépôt de leur plainte que dans le suivi assuré par les services concernés.

Un numéro gratuit et une campagne de sensibilisation

Une ligne d’écoute gratuite existe pour les victimes de violences, le 0800/30.030. Une version en Néerlandais existe au 1712. Une campagne pour sensibiliser auteurs et victimes de violences psychologiques a également été lancée ce mardi à Bruxelles par la Secrétaire d'Etat à l’Egalité des Chances, Nawal Ben Hamou. "Alors que la plupart des campagnes de sensibilisation s’adressent aux victimes de violences, nous sommes partis du constat que pour casser le cycle de violence, il est tout aussi indispensable de sensibiliser les hommes qui les commettent. L’objectif est de les interpeller sur des comportements très concrets tout en délivrant un message positif : si vous le souhaitez, vous pouvez changer et on peut vous y aider." Pour Anne Jacob, directrice de l’asbl Praxis "il est essentiel de permettre aux auteurs de prendre conscience, de se responsabiliser, de mettre des mots sur ces premiers actes de violence qu’ils imposent à leur compagne ou leur ex-compagne. Ils peuvent couper court à cet engrenage qui s’est insidieusement installé avant que cette première forme de violence ne débouche sur des violences plus dures encore : les violences physiques. " La campagne #faisonslalumieresurlaviolence se décline sur le réseau STIB et sur les réseaux sociaux du 19 novembre au 10 décembre.

À lire aussi: "De plus en plus d'hommes se disent qu'ils n'ont pas envie d'être des salauds"

A consulter:  https://www.amnesty.be/camp/droits-femmes/viol-belgique/noncnon

Archives : Journal télévisé du 29/08/2019

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