Manifestation suite aux viols dans des bars du cimetière d’Ixelles : "On n’en peut plus de devoir faire attention à nous quand on sort"

Selon la police, 1300 personnes se sont donné rendez-vous jeudi soir à 20 heures au cimetière d’Ixelles, en soutien aux victimes d’agressions sexuelles dans les bars Waff et El Café.

De nombreux témoignages d’agressions sexuelles et de viols commis par au moins un employé des deux bars affluent sur les réseaux sociaux depuis dimanche soir, tandis que le parquet de Bruxelles a confirmé mardi l’ouverture d’une enquête après le dépôt de "plusieurs plaintes".

"On n’en peut plus de devoir faire attention à nous quand on sort", a confié une manifestante à notre journaliste. "Faire gaffe à ce qu’on ne nous mette pas de la drogue dans notre verre, qu’on nous offre à boire pour nous saouler. Il faut que cela cesse."

"On va demander des comptes au bourgmestre d’Ixelles", a déclaré Manon, l’organisatrice de la manifestation. "Ça fait des années que les cafés incriminés font l’objet de plaintes de jeunes filles abusées. Et que fait la police ? Que fait la justice ? Rien. Il y a une véritable banalisation de la culture du viol dans notre société. Il faut que ça s’arrête."

La manifestation s’est arrêtée à la place Fernand Cocq où le bourgmestre d’Ixelles, Christos Doulkeridis, a rencontré une délégation.

"La lutte contre les violences faites aux femmes est une priorité de notre police", a réagi Christos Doulkeridis. "Je vais initier un diagnostic de la situation. Ce sont les femmes et les jeunes filles qui le feront. Ensuite, je rencontrerai les représentants de l'Horeca pour que des mesures concrètes soient prises. Il est intolérable que des femmes se fassent agresser sexuellement lorsqu’elles sortent ou qu’elles vont boire un verre."

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Les manifestants sur la place Fernand Cocq © Fabrice Gérard/RTBF

Les deux bars incriminés fermés à l’occasion de la manifestation

Les deux bars incriminés ont fermé exceptionnellement leurs portes jeudi pour éviter provocations et incidents. La direction des deux bars a également indiqué qu'elle se porterait partie civile "si les faits étaient avérés". Cela n’a pas empêché les manifestant de taguer la devanture du El Café.

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La devanture de l’un des deux bars incriminés, fermés ce jeudi 14 octobre, a été taguée lors de la manifestation © Fabrice Gérard/RTBF

"Nous comprenons les sentiments de révolte et de colère suscités par de tels actes, que nous condamnons fermement", a indiqué la direction des bars à nos confrères de l’agence Belga. "Nous avons pris connaissance de la marche organisée ce jeudi soir en soutien aux victimes d’abus. Nous la soutenons pleinement".

"Cependant, il est inacceptable que nos serveuses, serveurs et clients se fassent insulter, harceler et cracher dessus. Cela va trop loin. C’est pourquoi nous appelons au calme", a ajouté l’exploitant. "Nous avons pris la décision de fermer nos établissements ce soir, de manière à protéger nos clients et notre personnel".

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