Violences sexuelles: premier bilan pour les trois centres pilotes ouverts en Belgique

CHU de Liège, Notre-Dame-des-Bruyère.
CHU de Liège, Notre-Dame-des-Bruyère. - © NICOLAS LAMBERT - BELGA

Il y a un an, trois centres pilotes de prise en charge des victimes de violences sexuelles ouvraient leurs portes. Ils sont situés à Bruxelles, Liège et Gand et ils ont accueilli 930 victimes en une année, c’est plus que prévu.

Près de 30% de victimes mineures

Aujourd’hui, le bilan est plutôt positif.

À Liège, le centre est implanté à l’hôpital Notre-Dame des Bruyères, il pensait accueillir une centaine de victimes durant sa première année, elles ont été 234 et 29% d'entre elles avaient moins de 18 ans.

À l’entrée des urgences de l’hôpital, tout comme dans les couloirs, rien n’indique la présence du centre. C’est voulu pour une question d’anonymat, car pour les victimes il n’est pas facile de franchir la porte. Virginie Bay, infirmière-chef de service : "Elles nous expliquent leurs histoires, nous ne sommes pas là pour les juger et elles ont vraiment cette possibilité de déposer leurs paquets, comme nous disons dans le jargon."

Ça peut prendre longtemps pour qu’elles parlent ? "Une prise en charge peut durer six à huit heures", explique Virginie Bay, "On remarque que dans les deux premières heures de prise en charge, on a déjà pas mal d’informations et ce qu’elles relèvent, c’est que les policiers qui viennent prendre leur plainte sont en civil. Ce n’est donc pas du tout la même image policière."

9 personnes sur 10 ne portent pas plainte

Dans ce centre, une salle d’accueil, une salle d’examen et un espace sanitaire avec douches. Le cadre est intime et les infirmières spécialement formées.

Les policiers se déplacent sur les lieux pour les plaintes et le cadre favorise ce dépôt de plainte. Jean-Luc Drion, premier inspecteur principal : "Il y a des personnes qui se présentent en milieu hospitalier et qui, dans les premières minutes de l’entretien, vont changer d’avis au niveau de déposer plainte ou ne pas déposer plainte. À ce moment-là, nous intervenons à la demande, mais le choix est toujours laissé à la victime."

Dimanche aura lieu la journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes. On y rappellera sans doute une donnée importante : neuf victimes sur dix de viol ne portent pas plainte. La moyenne d’âge de ces victimes est de 24 ans.

Des mobilisations seront organisées partout dans le monde. En Belgique, depuis le début de l’année, au moins 33 femmes ont été victimes de féminicides. Une manifestation est prévue dimanche prochain pour réclamer des mesures nécessaires pour garantir l’autonomie et la sécurité de toutes les femmes.

Safia Kessas revient sur l’origine de cette journée du 25 novembre :

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