Violences policières: une équipe de Zin TV porte plainte contre la zone Bruxelles-Ixelles

Une des nombreuses manifestations anti-TTIP de cette année.
Une des nombreuses manifestations anti-TTIP de cette année. - © EMMANUEL DUNAND - AFP

Zin TV, chaîne de télévision citoyenne sur Internet a décidé de porter plainte contre la zone de police Bruxelles-Capitale-Ixelles. Une triple plainte en fait, auprès du parquet de Bruxelles, de la zone de police elle-même et du comité P, la police des polices. La raison? Des violences policières survenues le 15 octobre dernier lors d'une manifestation contre le TTIP, le Traité transatlantique.

Selon Zin TV, deux de ses journalistes ont été sérieusement malmenés par les forces de l'ordre. "En effet, bien que Thomas et Maxime se soient identifiés en tant que reporters de ZIN TV les policiers ont jugé nécessaire de les menotter à l’aide de colsons en plastique, de les fixer au sol durant une bonne heure et sous la pluie, de les amener aux casernes d’Etterbeek, de les fouiller...", explique Zin TV. "Puis, plus tard en soirée, déposés à Porte de Hal, lorsque Thomas reprend le fil de son reportage pour filmer la descente du bus des camarades arrêtés, un policier lui saisit la caméra dans le but explicite d’effacer son contenu, sous les protestations et conseils d’un étudiant en droit qui tente vainement de le faire revenir à la raison en lui expliquant qu’il est en train de violer un droit fondamental: la liberté d’expression, la liberté de presse. Protégé par ses collègues, le policier a pris le temps de vérifier et d’effacer toutes les images…"

Pour Maxime Kouvaras, de Zin TV, plateforme reconnue par la Fédération Wallonie Bruxelles, les explications invoquées par la police pour procéder aux arrestations ne tiennent pas. "On nous dit que nous ne possédons pas de carte de presse, mais nous sommes un média citoyen. De plus, ce n'est pas la première fois que nous subissons un traitement particulier de la part de la police. Mais cette fois-ci, nous avons décidé de porter plainte."

Enquête interne en cours

Pour Maître Olivier Stein, avocat de Zin TV, plusieurs articles du Code pénal ont été violés par les forces de l'ordre. "Tout d'abord, l'article 151 sanctionnant toute personne et a fortiori des représentants d'une autorité publique qui porte atteinte à la liberté de la presse", indique cet avocat inscrit au barreau de Bruxelles. "Ensuite, l'article 46, qui prévoit que l'usage de la force de la part de la police soit proportionné au fait reproché. Dans le cas qui nous occupe, cela n'a pas été respecté puisqu'il y a eu arrestation, plaquage au sol, arrachage de la caméra en plus d'une pénétration sans autorisation dans les données de la caméra et une destruction des données. C'est inacceptable et nous espérons une sanction."

D'autant que, selon cet avocat, d'autres journalistes auraient subi des pressions policières au cours de ces derniers mois. "Je prévois également de diligenter une action contre la police de Bruxelles-Ixelles relative à un reporter italien qui lors d'une manif TTIP organisée celle-là samedi dernier s'est vu confisquer carrément la carte mémoire de son appareil-photo. Il y a ici clairement violation de la protection des sources."

Du côté de la zone de police Bruxelles-Ixelles et de sa porte-parole Ilse Van de Keere, on indique qu'une "enquête interne est en cours". Et qu'on ne souhaite pas communiquer davantage.

 

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