Violences obstétricales: et si la solution, c'était de prendre le temps?

La parole se libère quant aux violences gynécologiques et obstétricales. Michèle Warnimont, sage-femme à l’hôpital Erasme, était l’invitée de Laurent Mathieu dans le journal de 13h ce samedi 9 février.

Une violence obstétrique, c’est une violence physique ou psychologique vécue par une femme pendant un accouchement. En France, notamment, le sujet est dénoncé depuis plusieurs années. En Belgique, la parole commence à se libérer. « Il y a comme une banalisation de comportements qui ne sont pas violents dans l’intention mais qui, justement sont tellement normalisés que les soignants ne se rendent pas compte de pourquoi c’est violent », explique Michèle Warnimont.

Le temps : le chaînon manquant

Sage-femme à l’hôpital Erasme, elle dirige la structure spéciale appelée « Le Cocon ». « Notre gestionnaire est très malheureux de l’existence du Cocon sur l’aspect financier », raconte-t-elle avec le sourire. « Time is money, c’est une réalité. On est le seul centre de ce type en Belgique. On est pas du tout soutenu part les pouvoirs publics ». Le mantra principal de cette structure spéciale, c’est le temps.

C’est ce qui manquerait pour que les accouchements se passent de façon plus respectueuse des femmes. « C’est cette violence qu’elles perçoivent dans le fait qu’on ne leur demande pas leur avis, qu’on ne leur explique pas ce qu’on fait », explique Michèle Warnimont. « Il y a la violence du soin en lui-même, comme une césarienne en urgence. Il suffit de prendre 30 secondes pour dire à la patiente qu’on doit aller vite et qu’on prendra le temps de lui expliquer après ».


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L’une des violences les plus fréquemment dénoncées, c’est l’épisiotomie. En Belgique, 1 femme sur 2 subit une épisiotomie pour son premier accouchement. Un geste médical pas toujours nécessaire et parfois traumatisant. Des hôpitaux ont décidé de limiter au maximum cette pratique.

Pour Michèle Warnimont, il est temps que les médecins fassent équipe avec les patients. « Il n’y a pas de gentilles sages-femmes et de méchants gynécologues. Le patient est un miroir de nos pratiques. Nous avons le devoir de nous allier à eux ».

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