Violences faites aux femmes: au moins 11 féminicides répertoriés depuis début 2019

Ces deux dernières semaines, au moins trois femmes semblent avoir été tuées parce qu’elles étaient des femmes en Belgique. Depuis le début de 2019, elles sont au moins 11 à être mortes sous les coups d’un conjoint, d’un ex, d’un voisin ou d’un total inconnu. Nous avons rassemblé ces faits sous la forme d’une carte grâce aux informations collectées par plusieurs associations rassemblées au sein de « Stop Féminicide ».

« Ce sont les pouvoirs publics qui sont censés donner des chiffres, mais ils ne le font pas »

Depuis 2017, Stop Féminicide répertorie ces meurtres de femmes grâce à la collecte de données via la presse : « On dit toujours que ce sont des chiffres qui représentent un minimum. En réalité, il y en a sans doute plus, car la presse n’a pas toujours toutes les informations. Ce sont les pouvoirs publics qui sont censés donner des chiffres, mais eux ne le font pas, donc on est condamné à chercher via la presse », explique Céline Caudron de Vie féminine qui coordonne Stop Féminicide.

Il n’existe donc pas de comptage officiel. Certains cas sont plus médiatisés que d’autres. Ainsi celui de Julie Van Espen, une Anversoise de 23 ans qui avait été portée disparue samedi et a été retrouvée morte ce lundi dans le canal Albert : « C’est l’image que tout le monde se fait de ce genre d’agression, mais c’est minoritaire. La majorité des cas sont des violences au sein du couple ou de la famille, commises par des proches donc. »


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Pour les associations, il est important de médiatiser tous les cas pour mettre les bons mots sur ce que les femmes subissent : « Ce n’est pas parce qu’un viol est commis par un conjoint que ce n’est pas un viol », alerte Céline Caudron.

« Il faut un accompagnement des auteurs de violence »

Ce mardi, on apprenait que le suspect, en liberté, était déjà condamné à 4 ans de prison pour viol : « C’est un très bon exemple de comment les pouvoirs publics sous-investissent dans la lutte contre les les violences faites aux femmes. »

Par ailleurs, plusieurs associations féministes ne plaident pas pour des peines de prison : « De toute façon, on ne peut pas mettre tous les violeurs en prison, ça ne sert à rien et ça n'empêche pas de nouvelles violences commises par d'autres », déclare Céline Caudron, « Il faut un accompagnement des auteurs de violence et des violeurs, avec des travailleurs sociaux, pour assurer la protection des victimes et éviter la récidive. Mais les pouvoirs publics ne se donnent absolument pas les moyens de faire cela. Le meurtrier de Julie Van Espen (présumé innocent) n’aurait jamais dû rester en liberté sans suivi. Il y a là un problème politique dans le fonctionnement de la Justice. »

Archive JT: Que penser du terme "féminicide" (24/08/2018)

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