Violences entre ados en Israël: "Pour moi, il peut mourir, c'est un Arabe"

Deux suspects des violences de jeudi à Jérusalem sont conduits au Palais de justice
Deux suspects des violences de jeudi à Jérusalem sont conduits au Palais de justice - © AFP PHOTO/OHAD ZWIGENBERG

Sept adolescents juifs ont été arrêtés lundi à Jérusalem. Ils sont accusés de tentative de lynchage contre de jeunes Palestiniens. Un signe de la tension ethnique dans cette ville divisée qui compte environ 500 000 Juifs et 300 000 Palestiniens.

Jeudi soir, place de Sion dans l'ouest de Jérusalem, la partie juive: un incident entre adolescents dégénère et des bandes de jeunes Israéliens se déchaînent aux cris de "Morts aux Arabes", rapporte le quotidien Haaretz. Ils laissent un blessé, inconscient, sur le pavé. La foule assiste à ce qui ressemble à un lynchage, sans intervenir. Jamal Julani, 17 ans, a été hospitalisé dans un état grave.

Parmi les suspects arrêtés, 4 mineurs, dont une fille, ce mercredi trois d'entre eux ont vu leur détention prolongée de six jours. Le principal suspect âgé de 15 ans a déclaré devant le palais de justice: "Il peut mourir, c'est un Arabe. Je l'aurais poignardé si j'avais pu. Un Juif ne peut se promener à la porte de Damas sans se faire poignarder. Si je pouvais mettre la main sur lui, je le frapperais. Il a 'traité' ma mère, et peut mourir".

Le jour même près d'une colonie en Cisjordanie, un taxi palestinien avait été pris pour cible par un cocktail molotov lancé par des extrémistes juifs. Six personnes ont été blessées par brûlures. Aucune arrestation n'a suivi.

Racisme anti-arabe?

Ces deux faits ont alimenté la polémique en Israël, écrit le NY Times: la société israélienne est-elle violente et raciste contre les Arabes?

Des mosquées ont aussi été vandalisée ou incendiées l'an dernier et un rapport officiel américain taxe ces incidents de "terroristes".

Un éditorial du Jérusalem Post parle de "comportement intolérable", soulignant qu'il est dénoncé par les responsables politiques israéliens non parce qu'il est moralement inacceptable, mais uniquement parce qu'il risque d'alimenter une troisième intifada. Le journal demande de ne plus tolérer ces idées et ces actes.

Le quotidien populaire Yediot Aharonot se demande où un gamin de 13 ans trouve tant de haine et estime que ce sont ses parents qui devraient être tenus pour responsables.

Le directeur d'un collège formant des enseignants à Tel Aviv, Nimrod Aloni, voit des causes qui dépassent le cadre familial: "C'est directement lié au nationalisme fondamentaliste comparable à la rhétorique des néo-nazis, des talibans et du KKK. C'est toute une culture qui a conduit à ce langage ouvert et cru qui se base sur la croyance d'un peuple élu qui peut tout faire".

C'est aussi l'avis de Haaretz qui a couvert toute l'affaire et qui écrit dans un édito : "La haine des Arabes est une preuve de loyauté et d'identité donnée par l'Etat à ses citoyens juifs: un bon Israélien abandonnera un Arabe à la mort 'parce que c'est un Arabe'".

Le journal de gauche fait aussi état d'une étude indiquant que la violence entre jeunes israéliens et palestiniens est en augmentation, et que ceci est dû aux violences politiques auxquelles ils assistent, y compris à la télévision.

Des commentaires élargissent encore le débat à d'autres actes de racisme commis contre des immigrants africains ou des demandeurs d'asile à Tel Aviv.

RTBF

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