Viol: prélèvements massifs d'ADN en France, est-ce possible en Belgique?

Viol: prélèvements massifs d'ADN en France, est-ce possible en Belgique?
Viol: prélèvements massifs d'ADN en France, est-ce possible en Belgique? - © PHILIPPE DESMAZES - BELGAIMAGE

C'est une mesure exceptionnelle prise par la justice en France : des prélèvements massifs d’ADN dans un lycée de La Rochelle. Plus de tests pour tenter de retrouver l'auteur d'un viol commis en septembre sur une lycéenne de 16 ans. La loi française précise que l’on peut refuser de s'y soumettre, mais la procureure en charge de l'affaire a annoncé que tout récalcitrant sera considéré comme suspect potentiel. Une telle opération pourrait-elle être appliquée en Belgique ?

Il y a sept mois, une lycéenne s’est fait violer dans les toilettes de son école à La Rochelle. L’agresseur avait éteint la lumière, impossible pour la victime de 16 ans de l’identifier. Après une enquête infructueuse pour retrouver l’auteur du viol, la police et la justice décident de prélever des échantillons ADN sur toutes les personnes de sexe masculin présentes dans l’école en septembre dernier. Au total, élèves et membres du personnel confondus, 527 personnes sont concernées.

En Belgique, dans pareille situation, une opération de cette ampleur est également envisageable. C'est ce qu'explique Bertrand Renard, chercheur en criminologie à l’INCC, l’Institut National de Criminalistique : "La situation en Belgique est assez similaire à la France. Une double exigence : d’une part le magistrat doit motiver sa décision de demande de prélèvement en la référant à une infraction sur laquelle il enquête et d'autre part, le magistrat doit demander le consentement de la personne pour pouvoir faire un tel prélèvement".

Pour les élèves mineurs, que ce soit en Belgique ou en France, l’accord des parents doit être obtenu. La loi française prévoit que tout le monde peut refuser ce type de prélèvement, mais la procureure en charge du dossier a déjà annoncé que ceux qui le refusent seront considérés comme suspects potentiels et pourront faire l’objet de mise en garde à vue et de perquisitions.

"En Belgique, c’est un petit peu la même chose", précise Bertrand Renard. "Si quelqu’un refuse de se soumettre au prélèvement, on risque effectivement de le verser plus dans la catégorie 'suspects'. On va regarder quel était son emploi du temps et d’autres éléments qu’on pourrait éventuellement aussi trouver chez lui".

A La Rochelle, l’opération durera jusqu’à mercredi. Les résultats devraient être connus d'ici un mois. Tous les échantillons négatifs seront détruits.

 

RTBF

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK