Vincent de Coorebyter: "Aujourd'hui, l'engagement citoyen, ce sont des mouvements qui refusent de se donner d'emblée un chef"

Vincent de Coorebyter, ancien directeur du CRISP, politologue et philosophe de l’ULB était l’invité du Grand Oral La première Le Soir ce samedi 17 octobre. Il est face à trois journalistes: Jacques CREMERS de la RTBF radio, Béatrice DELVAUX, éditorialiste en chef au journal Le Soir et Eddy Caekelberghs de la RTBF.

Dire de quelqu’un qu’il est un individualiste, ce n’est pas forcément un compliment. On confond souvent le mot avec égoïsme. Et cela valait bien une mise au point, comme l’explique Vincent de Coorebyter : "La conception la plus courante de l’individualiste aujourd’hui, c’est soit un être égoïste, soit un narcisse, quelqu’un qui n’écoute que son propre intérêt. Il y a un siècle, on aurait dit que c’est celui qui s’oppose à la société, qui veut rompre avec le groupe et prendre son émancipation".

De nouvelles formes d’engagement

Ancien directeur du CRISP, Vincent de Coorebyter analyse l’évolution du rapport au politique : "Aujourd’hui on va plus volontiers vers un mouvement comme Toute autre chose où il y a une égalité de base, sans chef, sans texte de doctrine, où tout le monde est le bienvenu, sans comité central. Il y a un malaise, un manque d’adhésion à l’égard des formes traditionnelles d’exercice du pouvoir politique. Ce n’est pas un hasard si les formes alternatives sont des formes où il y a une solidarité, un entre soi, une chaleur, une égalité de principes".

Et dans le monde de l’entreprise ?

L’individualisme contemporain a aussi des répercussions sur le monde du travail. Le management à la mode est au minimum en phase avec l’individualisme contemporain, précise Vincent de Coorebyter. Ce qui domine, c’est un chef qui est un animateur, une sorte de coach, quelqu’un qui par son sens de la communication et son ouverture va amener les autres à se fédérer autour d’un projet commun, dans lequel chacun va pouvoir se réaliser.

Pour explorer cet individualisme contemporain, Vincent de Coorebyter s’est appuyé sur les études de deux sociologues, David Riesman et Paul Yonnet. Son ouvrage intitulé " Deux figures de l’individualisme " est édité par l’Académie royale de Belgique dans la collection L’Académie en poche.

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