Vider le plastique des océans: le projet fou d'un ado serait "rentable"

Vider le plastique des océans: le projet fou d'un ado serait "rentable"
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Vider le plastique des océans: le projet fou d'un ado serait "rentable" - © Ocean Cleanup

Il y a deux ans, un étudiant de 17 ans concevait un système qu'il disait capable de nettoyer les océans plus vite et plus écologiquement que tout ce qui avait été imaginé jusqu'ici. Ce mardi, un pas décisif a été franchi: lors d'une conférence de presse à New York, le jeune homme a présenté une étude de faisabilité qui montre non seulement que son projet est réalisable mais qu'il pourrait également être rentable.

Boyan Slat. Ce nom ne vous dit peut-être encore rien mais vous avez sûrement entendu parler de son histoire et surtout de son projet: Ocean Cleanup. Ce jeune Néerlandais de 19 ans veut en effet débarrasser les océans de leurs déchets plastiques. Et malgré son âge, il y travaille déjà depuis un long moment. Alors qu’il pratique la plongée en Grèce en 2011, il est frustré de voir plus de sacs en plastique que de poissons. L’idée de nettoyer les eaux du plastique lui vient alors et devient une obsession. Il passe plusieurs mois à étudier la pollution plastique et les problèmes liés au nettoyage de celle-ci, avant de conceptualiser sa propre solution: l’Ocean Cleanup, un nettoyage à grande échelle des océans, passif en termes d’énergie et surtout sans danger pour la faune et la flore maritime.

Son travail portera progressivement ses fruits. Dès 2012, il présente son projet lors d’une conférence qui a déjà été vue plus de 1,4 million de fois sur YouTube.

Il dirige aujourd’hui une équipe d’une centaine personnes, dont des scientifiques de haut niveau, et a mis ses études d’ingénieur aéronautique en suspens pour se consacrer entièrement à son projet.

Ce mardi, un pas décisif vers la concrétisation de son entreprise a été franchi. Boyan Slat a en effet présenté, à New York, les résultats d’une étude de faisabilité (voir la vidéo ici) qui prouve, avance-t-il, que son projet est non seulement faisable, mais surtout rentable et durable.

Il est convaincu de pouvoir installer son invention dans le Pacifique, entre Hawaï et la Californie, la région océanique la plus polluée par le plastique.

"En dix ans, nous pouvons retirer pratiquement la moitié du plastique de cette zone", affirme le jeune inventeur.

Comme il l’explique lui-même, son invention se présente sous la forme de plateformes conçues sur base de la forme de raie manta. Cette forme spécifique permet, selon lui, de résister à des conditions météo extrêmes.

Elles seront énergétiquement auto-suffisantes, alimentées par l’énergie solaire et hydraulique (courant et vagues).

Et il ne semble pas être le seul à y croire puisque le Secrétaire d'Etat américain John Kerry l'a convié à le joindre lors de la conférence "Our Ocean" prévue mi-juin à Washington, si l'on en croit grindTV.

Ces installations sont équipées d’immenses bras flottants, d’une longueur de 100km, disposés en "V". Ces bras sont équipés d’écrans verticaux, d’une profondeur de trois mètres, qui retiennent les déchets. Les plateformes sont ancrées à des endroits stratégiques du fond marin.

"De cette façon, nous devrions être capables de capturer la plupart du plastique. Avec les courants marins, le pastique vient automatiquement à la base du ‘V’", explique Boyan Slat. Là, le pastique est pompé et conservé par de grands cylindres.

Un bateau cargo viendrait ensuite deux fois par trimestre pour récupérer le plastique ainsi collecté.

Écologique, durable, autosuffisant et... rentable?

Le projet serait rentable, puisque les immenses quantités de plastique ainsi collectées pourront être revendues afin d’être recyclées. Selon les calculs du concepteur de l’Ocean Cleanup, la revente des déchets devrait rapporter plus de 500 millions de dollars, soit 367 millions d’euros.

Le coût du projet qui vise à extraire 70 000 tonnes (soit près de la moitié des déchets du gyre du Pacifique nord) est estimé à 317 millions d’euros par l’inventeur, cela voudrait dire que le projet pourrait s’avérer rentable.

Il nous est impossible cependant de vérifier cette affirmation à ce stade, d’autant que la période nécessaire à la récolte de ces 500 millions n’a pas été précisée.

Par contre, ce qui est indiqué avec précision est l’entrée en action du nettoyeur d’océan, fixée à 2020. Slat Boyan aura alors 25 ans, dont près du tiers aura été consacré à son projet.

Cependant, comme l'indique le résumé de son étude faisabilité (disponible en ligne), pour que ce projet sois un succès, il est vital de réduire radicalement l'influx de nouveaux polluants plastiques dans les océans. Or la dynamique actuelle ne va malheureusement pas vraiment en ce sens.

Julien Vlassenbroek

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