Victime de propos racistes : comment réagir efficacement ?

Victime de propos racistes : comment réagir efficacement ?
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Victime de propos racistes : comment réagir efficacement ? - © Tous droits réservés

Les images de ce jeune homme victime de propos racistes dans un train à Liège ont fait le tour du web. En l’occurrence, l’enquête sera sans doute facilitée par le fait que quelqu’un a pris la peine de sortir son téléphone pour enregistrer la scène. Mais concrètement, que faire si l’on est victime de violences verbales ou physiques en raison de son origine, de sa religion ou de son orientation sexuelle ?

"J’ai envie de dire, entame Lode Nolf, chef de la communication d’Unia, que la première chose à faire est d’appeler la police. Mais évidemment cela se complique si l’altercation a lieu avec des professionnels de la sécurité publique…" Dans ces cas-là, comme dans tous les cas, et "même si c’est plus facile à dire qu’à faire" reconnaît Lode Nolf, il faut rester serein pour éviter que cela dégénère. "Tout ce que vous aurez dit sous le coup de la colère sera utilisé contre vous." En clair, de façon calme mais ferme dire que ces propos ne sont pas acceptables, et qu’ils sont punissables par la loi. Rien ne vous empêche ensuite de vous rendre dans un commissariat, le plus proche ou celui de votre choix, pour déposer un signalement. Le Comité P, la police des polices, a des services prompts à mener ce genre d’enquêtes.

Recueillir un maximum de preuves

Reste les preuves, nécessaires pour mener une procédure à son terme. Et "même sans preuves tangibles, signaler l’incident !", insiste Lode Nolf, "car si tout le monde croit que porter plainte ne sert à rien, cela ne fera pas bouger les politiques puisque le nombre de signalements ne sera effectivement pas significatif."

Très rapidement, il s’agit de réunir le plus d’informations possible sur les faits : le lieu, le nom de l’auteur, la date et surtout relever l’identité complète des témoins présents sur place pour leur demander une attestation qui relate précisément les faits. "À cet égard, je dois dire que la sensibilisation est accrue : de plus en plus de personnes ont le réflexe de sortir leur téléphone quand ils sont témoins de discours de haine", note Lode Nolf. Ç’a été le cas notamment avec ses incidents racistes au festival Pukkelpop. C’est d’ailleurs un geste soutenu par Unia, "les smartphones ont un rôle à jouer." De là à poster les images sur les réseaux sociaux, c’est plus délicat, notamment en termes de respect de la vie privée pour les personnes présentes et reconnaissables.

Rentrer un dossier

Le centre interfédéral pour l’Égalité des Chances, Unia, est habilité à recevoir ce genre de plaintes. C’est même assez facile via ce formulaire. Lode Nolf précise qu’"il est didactique et s’adapte à toutes les situations, en fonction de ce que vous avez vécu, vu ou entendu." Unia analyse ensuite la situation, contacte les plaignants pour écouter leurs attentes avant de donner les explications sur les suites. Attention, cela ne constitue pas une plainte formelle. Unia privilégie toujours la conciliation et n’entame que très rarement des démarches en justice (dans 1% des dossiers). Si vraiment le dialogue entre partie est impossible, des démarches judiciaires seront entamées.

À noter que les agressions policières représentent à peu près 50 dossiers par an, un chiffre stable.

Reportage de notre JT 19h30 sur l'incident dans le train Bruxelles-Liège

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