Vers une meilleure prise en charge des victimes de viol

Vers une meilleure prise en charge des victimes de viol
Vers une meilleure prise en charge des victimes de viol - © RTBF

Trois hôpitaux belges ont développé des centres spécialisés dans la prise en charge des victimes de violences sexuelles. Le but est de les accueillir en un seul lieu, à l'hôpital, où elles sont non seulement soignées, mais où elles peuvent aussi déposer plainte en justice. Nous nous sommes rendus au CPVS -centre de prise en charge des victimes de violences sexuelles- du CHU de Liège. C’est l’un des trois projets pilotes mis en place depuis 18 mois, avec le centre du CHU Saint-Pierre de Bruxelles et celui de l’hôpital de Gand.

Marie y a trouvé de l’aide après avoir été droguée et violée en décembre dernier. Une mauvaise rencontre et un dîner qui tourne mal. Mais elle en a perdu le souvenir quand elle s'est réveillée le lendemain.  Elle a probablement absorbé du GHB, la drogue du viol. "J’étais perdue. J’avais une sensation de vide".  

Elle s’est alors rendue au centre spécialisé du CHU de Liège où elle a bien été prise en charge.  "L'infirmière m'a posé des questions, on a discuté et on a fait tous les examens. Ici on est considérées comme des victimes. Personne ne remet notre témoignage en cause".

Un service à l'écoute

A son arrivée, la victime est entendue longuement. Evelyne Eloye, infirmière légiste, explique comment débute la prise en charge : "Le fait de beaucoup discuter, expliquer comment ça va se dérouler et parler des faits avec plus de précision, les apaise déjà".

Si la personne est d'accord, l’infirmière passe ensuite aux prélèvements, qui pourraient constituer des preuves. "Nous commençons par une prise de sang générale et nous prélevons un échantillon ADN qui sera gardé dans les pièces à conviction au cas où la justice se saisit du dossier".  S’il est prélevé, l'ADN de l'agresseur sera congelé et conservé pendant six mois.  "L'élément probablement le plus novateur, est qu’on va geler les éléments matériels de ce que la victime a subi. Ces preuves sont conservées en milieu hospitalier ce qui laisse un délai de réflexion à la victime pour pouvoir déposer plainte plus tard", explique Jean-Luc Drion de la section des mœurs de la brigade judiciaire de Liège.  

Porter plainte plus facilement

Si la victime souhaite déposer plainte le jour-même, elle ne doit plus se déplacer. La police vient directement à l'hôpital pour l'audition. Cette prise en charge multidisciplinaire à un seul endroit facilite le dépôt de plainte. Nathalie Vandeweerde est premier substitut au Parquet de Liège : "Avant, la victime devait se déplacer du commissariat vers un institut médicolégal ou vers un hôpital avec parfois des temps d’attente. Tout cela pouvait décourager la victime à porter plainte ".

Marie elle, a déposé plainte et son agresseur a été identifié. Elle souhaite qu’il soit mis face à la réalité et qu'il réponde de ses actes. "Je me demande s’il oserait me regarder dans les yeux".  Elle a tenu à témoigner aujourd’hui pour faire connaître ce projet pilote, avec l'espoir que les victimes sortiront de l'ombre. Ceux qui portent le projet pilote des CPVS de Liège , Gand et Bruxelles espèrent que le fédéral dégagera des moyens pour étendre l’expérience à d’autres hôpitaux. Grâce à ces centres de prise en charge, les professionnels du secteur espèrent faire sortir les victimes de l ‘ombre. En Belgique, seule une victime de violence sexuelle sur dix porte plainte. 

 

 

 

 

 

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