"Vers moins de contrôles, de sanctions et un meilleur accompagnement", selon la directrice du Forem

Yves Martens, coordinateur de l’ASBL Collectif Solidarité contre l’Exclusion, critiquait ce matin les résultats du rapport chiffré de l'ONEM sur la régionalisation de la recherche d'emploi.

Selon lui, la disponibilité active imposant chômeur inscrit au Forem de prouver en permanence sa recherche d'emploi est très administrative, et parfois contradictoire avec les demandes de l'ONEM. Par ailleurs, entre le bâton et la carotte, le Forem aurait tendance à favoriser les sanctions.

Une régionalisation encore inachevée

La régionalisation aurait dû permettre une adaptation à chaque région. Marie-Kristine Vanbockestal, directrice du Forem, admet que la procédure de la Région wallonne n'a pas permis une véritable revue de ce qui était effectué auparavant par l'ONEM. En revanche, elle affirme que l'office wallon tend vers l'objectif "moins de contrôles, moins de sanctions, parce qu'un meilleur accompagnement".

Elle s'appuie sur les chiffres de 2015, dernière année du contrôle par l'ONEM, et de 2017 -année du rapport-. Le nombre de sanctions a diminué, environ 15.000 à 11.300, tandis que "la Flandre a doublé son nombre de sanctions, 5800 à plus de 10.000".

Les chiffres des sanctions sont absurdes pour Yves Martens, qui affirme que "pour la disponibilité active, c'est purement circonstanciel : les compteurs ont été remis à zéro. 35,51% d'évaluations négatives, les évalués ne sont donc pas encore comptabilisés dans les sanctions. Le premier entretien (sur 3, ndlr) ne donne pas lieu à une sanction, c'est une bombe à retardement".

La directrice du Forem nuance le calcul, "les personnes qui ont reçu un avertissement, vont peut-être corriger leur comportement de recherche d'emplois et ne pas aller mécaniquement vers une deuxième et une troisième évaluation".

Maintenir la séparation entre l'accompagnement et le contrôle

"Le Forem a opté pour le maintien d'un pôle accompagnement, avec des personnes qui aident pour la recherche, ainsi qu'un pôle de contrôle qui décide des sanctions. Un contact existe entre les deux pôles, mais la coopération est insuffisante", se désole Marie-Kristine Vanbockestal.

Le coordinateur de l’ASBL Collectif Solidarité contre l’Exclusion et la directrice du Forem s'accordent sur la nécessité de maintenir une séparation entre l'accompagnement et le contrôle. "L'articulation entre les deux est positive", mais pour Yves Martens, "c'est insuffisant. Ce n'est pas la faute du Forem, il faut supprimer cette procédure de disponibilité active".

La directrice du Forem pense que l'exemple flamand, mettant la carotte et le bâton entre les mains d'une même personne, n'est pas bon, "l'accompagnement comporte en soi un élément de surveillance et de pression. Ce qui fait qu'il n'y a plus de disponibilité active, on est dans la disponibilité passive (le chercheur doit justifier le refus d'un emploi, ndlr), et des sanctions pour des refus d'emploi ou des absences à une convocation".

Elle poursuit : "aujourd'hui, quand un demandeur d'emploi flamand arrive au VDAB, il sait que le conseil est un parti d'un pouvoir de sanction. Au Forem, il y a un conseiller, il est là pour apporter de l'aide et non le sanctionner. On ne peut pas tromper les gens sur le service pour lequel ils sont convoqués".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK