Verre électronique: un outil pour en finir avec l'alcoolisme ?

C’est un tout nouveau concept. Dans la Sillicon Valley en Californie, des chercheurs ont réussi à créer un verre d’alcool électronique. L’innovation pourrait tout simplement révolutionner notre manière de consommer de l’alcool. L’E-drink, c’est le nom du produit, est une petite puce électronique. Très discrète, elle se place sur n’importe quel verre d’eau ou de soda. En contact avec les doigts, la puce envoie des stimuli au cerveau, l’illusion opère, les muqueuses de l’odorat et du goût saturent et font croire au consommateur qu’il boit de l’alcool. Bière, vin, alcool fort, tout est possible. Mais attention, aucune ébriété, aucun effet indésirable, c’est l’avantage de l’E-Drink. Il reproduit le goût mais pas les effets négatifs de l’alcool.

Au-delà de l’énorme progrès en termes de santé publique, le concept intéresse aussi le consommateur modéré. Jacques Folon a participé à la tournée minérale, février sans alcool, il est donc particulièrement intéressé par l’E-Drink pour réduire sa consommation d’alcool. Cette semaine, il s’est rendu dans l’unique bar qui distribue l’E-drink en Belgique. Le Rubis Wine Bar à Saint-Gilles voulait être le tout premier bar belge sur le coup. Il existe une puce électronique par alcool et chaque puce coûte 85 euros. Pierre Val, le responsable de l’établissement y croit dur comme fer: "Nous nous distribuons les puces, nous croyons vraiment dans le potentiel de ce nouveau produit et on pense vraiment que ça va changer les habitudes des consommateurs".

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le cerveau est totalement leurré. A l’œil, c’est de l’eau mais le goût y est. Eric Boschman, sommelier, fait partie des rares belges à avoir testé le concept. Il est convaincu: "C'est qui est dingue c'est que en le touchant, on a vraiment la sensation d'avoir le vin de manière extrêmement précise en bouche, on a vraiment le goût du domaine, une copie conforme du vin original. Sur cette copie du domaine de Coyeux en Beaumes-de-Venise, j'ai de la syrah, j'ai le côté très poivré très épicé, un petit peu de menthol, un peu de goudron, j'ai même des notes très poivrées et énormément de fruit, c’est fou !"

Le coût d'une puce est assez élevé, 85 euros pour un seule type de vin ou d'un autre alcool. Mais la puce peut être utilisée à l'infini. Eric Boschman imagine déjà toutes les possibilités. "On aura sa "puçothèque" comme on a son œnothèque. On pourra avoir une "puçothèque" de voyage par exemple. Vous imaginez quand vous avez un long vol à faire en avion et que vous vous emmerdez un peu plutôt que de faire un Sudoku, vous pouvez déguster vos vins tranquillement. Vous demandez un verre d’eau à l’hôtesse, vous calez votre puce dessus et c’est parti, vous dégustez".

Thomas Orban est médecin généraliste et alcoologue. Pour lui, le verre d'alcool électronique, l’E-Drink, représente une formidable espoir pour les malades. Il pourrait éliminer définitivement l'alcoolisme. "C’est intéressant parce que dans les études qui ont été faites, les volontaires n’ont jamais pu distinguer le verre de vrai vin du verre de E-drink qui ne contenait pas d’alcool. S’ils en prennent plusieurs, ils vont se rendre compte que l’effet psychotrope n’est pas là mais c’est un outil extrêmement intéressant à l’avenir pour tout ce qui est comportemental".

L'alcool est responsable de 200 types d'affections différentes. Un vaste problème de santé publique, le belge est d'ailleurs le plus gros consommateur d'alcool en Europe. Le verre électronique pourrait révolutionner la lutte contre ce fléau social. A ce stade, on ignore encore si le gouvernement appliquera des accises sur le verre d'alcool électronique.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK