Vente en ligne : comment reconnaître les arnaques ?

Vente en ligne : comment reconnaître les arnaques ?
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Vente en ligne : comment reconnaître les arnaques ? - © Milan_Jovic - Getty Images

Ça nous est à toutes et tous arrivé, on veut se séparer d’un objet qui a encore un peu de valeur et on décide de le mettre en vente sur un site de petites annonces. Mais une inquiétude règne : puis-je faire confiance à la personne à qui je vends mon objet ? Ou bien le vendeur auprès duquel je veux acheter quelque chose est-il correct ?

Sur internet, les profils d’arnaqueurs sont légion et quand on n’a pas l’habitude, il est aisé pour eux de réussir à vous entourlouper car ils n’ont qu’un seul objectif : mettre la main sur votre argent. Ils sont de plus en plus performants et informés. Mais avec quelques astuces, vous parviendrez à les éviter… Et même à les empêcher de nuire.

Comment identifier un arnaqueur ?

Nous avons tenté l’expérience pour illustrer un premier cas de figure : nous vendons un canapé à 150€ sur 2ememain.be et le Marketplace de Facebook. Quelques photos, quelques infos et voilà notre meuble en ligne. En une heure à peine, déjà 4 personnes nous contactent.

Mais ce succès va vite être gâché : nos 4 intéressés sont tous des arnaqueurs.

Plusieurs indices nous aident à les identifier. D’abord le timing : la rapidité avec laquelle ils agissent (souvent dans l’heure qui suit la mise en ligne de votre bien) doit vous mettre la puce à l’oreille. Mais aussi le discours très impersonnel avec lequel ils parlent de ce que vous vendez. Par exemple on nous parle de " l’article " et non du canapé. En pratique si vous pouvez copier/coller un message qui vous est envoyé sur l’annonce d’un meuble et que vous pouvez le calquer sur un électroménager (par exemple), ce n’est pas une bonne nouvelle. Si vous passez par téléphone (ce qui n’est pas conseillé) vous pouvez aussi vérifier le numéro au 1207 ou au 1307, les profils frauduleux y sont parfois référencés.

Il y a d’autres façons de les reconnaître, mais le gros point d’attention à avoir, c’est le mode de paiement et la livraison. Comme par magie, tous nos acheteurs se trouvent à des distances importantes du lieu de la vente, ils vont donc jouer sur cet aspect pour nous dire qu’ils ont besoin d’un " livreur ". Plusieurs servent de prétexte : DPD, Mondial Relay, DHL, Fedex, etc. Et dans tous les cas, ils vont vouloir faire passer l’argent par les mains de ces transporteurs. C’est là qu’ils vont vous dire qu’ils ont besoin de vos coordonnées.

Et c’est à retenir, en aucun cas vous n’avez besoin de fournir vos coordonnées, surtout pas vos coordonnées bancaires. Au même titre que vous ne donneriez pas votre carte de crédit à un inconnu dans la rue, vous ne devez jamais donner les numéros de votre carte à un inconnu sur internet.

Car c’est bien là le but de l’opération : vider votre compte en banque. Nos criminels n’hésitent pas à jouer de ruses pour vous mettre en confiance, en se faisant passer pour des employés des transporteurs par exemple et en vous demandant plus d’informations pour " lancer la livraison ". Chose à savoir, aucun transporteur, à notre connaissance, ne fait de transactions d’argent. Mieux encore, DPD (qui a été le plus mentionné dans notre expérience) ne fait pas de livraison au-dessus des 30 kg, il est sûr et certain que notre canapé en pèse plus.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les objets les plus ciblés par nos arnaqueurs sont souvent des objets de petites tailles et à des valeurs en dessous des 1000€. Ordinateurs, smartphones, meubles (comme des tables basses, des sièges de bureau) mais aussi des bijoux ou des montres. Car de ce fait ils peuvent faire d’une pierre deux coups et parvenir, dans certains cas, à s’accaparer vos objets sans les payer.

Mais pour l’expérience, nous avons mis en vente une voiture au même moment à plus de 10.000€, aucun profil qui ne soit pas sérieux ne s’est manifesté (ce qui ne veut pas dire que vous n’aurez pas à vous confronter à un profil d’arnaqueur si vous vendez votre voiture).

En bref, voici les éléments principaux pour reconnaître un profil d’arnaqueur :

  • Message instantané (contact très rapide après la mise en ligne de l’annonce)
  • Orthographe douteuse (se méfier du " Google translate ")
  • Utilise un numéro de téléphone étranger (vérifier avec le 1207 ou le 1307)
  • Accepte le prix sans négocier voire propose plus que le prix fixé
  • Messages impersonnels (on ne mentionne pas l’objet que vous vendez)
  • Acheteur à distance (à l’étranger ou dans une région isolée)
  • Ne propose jamais un RDV en réel
  • Veut absolument passer par une société de transport (en pratique : ne jamais cliquer ou copier/coller un lien quelconque)
  • Demande des informations personnelles (adresse, nom complet, etc.)
  • Demande vos coordonnées bancaires

Attention que toutes ces conditions ne doivent pas être réunies, ce ne sont que quelques indices qui peuvent vous aider à les reconnaître. Certains malfaiteurs sont suffisamment malins que pour vous mettre en confiance mais tous finiront, d’une manière ou d’une autre, par tenter d’obtenir vos coordonnées bancaires.

Se méfier de l’acheteur comme du vendeur

Il n’y a pas que quand on vend qu’il faut être prudent. Lorsque vous surfez sur des sites de petites annonces (2ememain, le Marketplace de Facebook, autoscout24, etc.) des malfaiteurs tentent de vous avoir en vous faisant miroiter des affaires en or ! Un MacBook Pro de 2019 à 200€ en parfait état, un meuble IKEA état neuf à 20% de son prix normal, un smartphone dernier cri à moins de 100€, tout ça, ça n’existe pas ou qu’en de très rares cas. Pour preuve, certaines annonces ne comportent même pas de vraies photos des objets, mais des photos issues de sites comme Amazon ou MediaMarkt.

Car même si l’on se retrouve dans un marché de la seconde main, c’est tout de même un marché. Si certains sont prêts à brader leurs objets pour vendre à tout prix, 9 fois sur 10, tout à un prix qui correspond à la valeur en occasion. Grosso modo, posez-vous la question de, si vous deviez vendre l’objet que vous voulez acheter, à quel prix le vendriez-vous ?

Preuve que ça n’existe pas, on peut débusquer l’arnaqueur en entrant en contact avec lui. D’abord, il va tout faire pour vous sortir du site de vente, en vous communiquant une adresse mail ou un numéro de téléphone. Puis, au même titre que lorsque vous tentez de vendre quelque chose, il va prétendre qu’il n’est pas possible de vous rencontrer en réalité (il est trop occupé, trop loin, toutes les excuses sont bonnes). Enfin, si vous tentez d’obtenir de vraies photos ou des photos supplémentaires de l’objet que vous voulez acheter, il n’est pas en mesure de vous en fournir. Tous ces éléments doivent vous mettre la puce à l’oreille.

Sachant que la finalité, pour l’arnaqueur, est d’obtenir vos coordonnées bancaires, quoiqu’il arrive ne les communiquez pas. Privilégiez un paiement en main propre (en liquide donc) ou un virement directement sur un compte en banque. Certaines plateformes comme 2ememain hébergent des modes de paiement que vous pouvez utiliser en toute sécurité, mais jamais vous ne devez faire confiance à un lien envoyé dans une conversation.

En résumé, voici les points auxquels vous devez être attentif lorsque vous achetez quelque chose sur un site de petites annonces :

  • Vérifier que le prix fixé correspond au marché de l’occasion
  • Si c’est trop beau pour être vrai, c’est généralement faux
  • Eviter les annonces sans photos " réelles "
  • Demander des photos supplémentaires, s’il n’y en pas, se méfier
  • Ne pas faire de paiement autre qu’en liquide ou sur des plateformes fiables
  • Si le vendeur correspond à certains points du profil cité auparavant, fuyez.

Comment se préserver des arnaques

Les arnaques ont toujours existé, elles ne sont bien évidemment pas nées avec le numérique, mais les arnaqueurs s’adaptent et sont de plus en plus performants, de plus en plus efficaces. Leur stratégie est de vous mettre en confiance avant d’attaquer. Et les plus redoutables sont les plus patients. Dans notre expérience de vente de canapé, un malfaiteur s’est présenté par WhatsApp avec un numéro belge, une photo de profil et une adresse crédible.

Son discours d’acheteur était plus ou moins cohérent (bien qu’impersonnel) et tant qu’il n’avait pas joué sa carte " Mondial Relay " tout pouvait laisser penser qu’il était plus ou moins crédible. Certains sont encore plus patients et plus malins. Mais pour vous préserver et vous protéger d’eux, vous pouvez déjà utiliser certains trucs et astuces simples, déjà en faisant votre annonce.

Le point à retenir c’est que vous ne devez jamais communiquer votre identité ou vos coordonnées quelles qu’elles soient de but en blanc. Vous inscrire avec un pseudonyme est déjà un premier point (ou en tout cas, ne donnez pas votre nom ET votre prénom, l’un des deux suffit) et ne communiquez jamais votre numéro de téléphone (sauf éventuellement quand la vente est scellée, le point de RDV également et que vous en avez besoin pour joindre votre acheteur ou votre vendeur).

2ememain par exemple met en place un outil de chat sur sa plateforme, précisément pour vous protéger. Cet outil vous aidera d’ailleurs à identifier ou à signaler les profils d’arnaques. Si le profil avec lequel vous communiquez vient d’être créé ou s’il n’a pas de recommandations positives d’autres personnes, ce sont des indices bien qu’ils ne soient pas systématiques (tout le monde doit bien démarrer un jour…).

Si vous avez la possibilité de sortir de chez vous, faites-le. Evitez de communiquer votre adresse personnelle quand c’est possible et visez des lieux publics (gares, parkings de supermarchés, grandes places, etc.) pour procéder à votre vente. Plus rares sont les criminels qui tenteront de vous nuire dans un lieu où il y a du passage et parfois des policiers.

Mais si en communiquant, vous voyez qu’un RDV en vrai n’est pas possible, ou qu’en envoi avec un simple virement ne l’est pas non plus, ne perdez pas votre temps, vous trouverez bien quelqu’un d’autre qui sera intéressé par votre offre.

Voici en résumé les quelques astuces pour vous préserver des arnaques :

  • Utiliser un pseudonyme
  • Ne pas renseigner son adresse
  • Ne pas renseigner son numéro de téléphone
  • Utiliser les chats des plateformes (éviter votre boîte mail ou WhatsApp)
  • Privilégier le RDV en réalité et dans un lieu public

Comment lutter contre les arnaqueurs ?

Avant même d’être victime d’une entourloupe, vous pouvez agir pour bloquer les activités des malfaiteurs et leur mettre des bâtons dans les roues. Si au mieux ils vous ont fait perdre du temps, dites-vous qu’ils pourront recommencer avec des personnes moins bien informées et vous pouvez les aider.

Si aujourd’hui la principale barrière c’est la prévention, la police évolue au même titre que les criminels. Mais le nœud du problème, c’est qu’ils sont souvent à l’étranger. Une fois votre argent perdu, il y a peu de chance de le retrouver.

Nos autorités locales travaillent bien avec les plateformes de vente et les autorités internationales (Interpol et Europol sont aussi de la partie) mais si une perte de 8000€ représente un drame au niveau personnel, les polices agissent surtout sur des réseaux plus gros. Par conséquent, mieux on renseigne les activités des malfaiteurs, mieux on les empêche de nuire à d’autres. En Belgique il existe une plateforme gérée par le SPF Economie pour cela : Point de Contact. Si vous avez des adresses mails, des numéros de téléphone et surtout des captures d’écrans de discussions avec des profils d’arnaqueurs, c’est par là que vous pouvez les renseigner. Vous pouvez aussi vous rendre sur la plateforme française (mais aussi très utilisée par les Belges) : Signal Arnaque.

Que faire quand on a été victime d’une arnaque ?

Vous êtes là dans une situation d’urgence. L’important c’est de tenter de bloquer toute transaction dès que faire se peut. Dans un premier temps, contactez votre banque et bloquez toute transaction. Avec de la chance et un bon timing, vous ne perdrez peut-être rien.

Ensuite, faites des captures d’écrans de vos conversations avec les profils de fraudeurs et collectez un maximum d’information que vous pouvez renseigner sur Point de Contact. De là, la plateforme vous dira quoi faire, mais il y a des chances que vous deviez porter plainte à la police.

En résumé :

  • Contacter sa banque
  • Faire des captures d’écran des conversations
  • Les envoyer vers Point de Contact
  • Porter plainte à la police

Quelques liens utiles

Si vous avez été victime d’une arnaque contactez votre banque tout de suite, puis rendez-vous sur Point de Contact :

https://pointdecontact.belgique.be/meldpunt/fr/bienvenue

Si vous avez des doutes sur un profil et que vous voulez vérifier un numéro de téléphone :

https://www.1307.be/

Si vous avez des informations sur des profils d’arnaqueurs :

https://pointdecontact.belgique.be/meldpunt/fr/bienvenue

https://www.signal-arnaques.com/

Si vous voulez plus d’informations ou retrouver plus de " profils types " d’arnaqueurs :

https://economie.fgov.be/fr/themes/protection-des-consommateurs/arnaques-la-consommation/comment-reconnaitre-une

https://economie.fgov.be/fr/publications/stop-aux-arnaques

https://www.evitezlespieges.be/evitez-les-pieges

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