Venir en aide aux sans-abris: "Le coup de fil au Samusocial est vraiment un geste essentiel"

Jean Spinette juge que la trêve hivernale devrait être plus subtile.
Jean Spinette juge que la trêve hivernale devrait être plus subtile. - © JACQUES DEMARTHON - AFP

Les intempéries de lundi ont causé leur lot d'inconvénients. Cependant, les sans-abris sont les premiers concernés et touchés par cette vague de froid. Jean Spinette, président de la Fédération des CPAS, aborde cet enjeu hivernal sur les ondes de La Première.

Réflexe le plus utile et le plus courant pour venir en aide aux sans-abris: le numéro d'urgence du Samu Social, qui est l'opérateur mandaté par la Région Bruxelles-Capitale pour opérer en bas seuil avec des maraudes qui vont sur le terrain, et un hébergement d'urgence avec des lits importants qui sont consacrés pour cet accueil d'urgence humanitaire. Pour toute demande d'aide, il faut composer le 0800/99.340.

Bien que le numéro de téléphone soit parfois occupé parce qu'encombré par le nombre d'appels, il est le meilleur lien avec l'associatif et d'autres opérateurs présents dans les territoires communaux qui font de l'accueil de jour.

"C'est clair que le coup de fil est vraiment un geste essentiel", souligne Jean Spinette qui rappelle que tout le monde n'a pas accès à un téléphone. "C'est d'ailleurs pour ça qu'à l'entrée de mon CPAS on en a maintenant mis un à disposition des gens pour appeler" explique Jean Spinette.

En Région bruxelloise, il existe également une initiative appelée "Les 86.400", qui fait le relais avec un certain nombre d'associations de première ligne.

L'enjeux des migrants

"Sur la problématique du sans-abrisme, on a tendance parfois à confondre les publics. On a des gens qui, pour le caractère irrégulier de leur accès sur le territoire, se retrouvent dans des situations administratives très complexes." Résultat: ils n'ont pas toujours accès au soutien du CPAS ou à une assistance médicale.

Pour ces personnes, les centres d'accueil d'urgence sont souvent la seule possibilité. Un problème qui pose la question de l'accueil. "C'est la politique fédérale qui doit être menée pour un accueil digne de ces personnes migrantes", estime le président du CPAS.

Pour Jean Spinette, le récent scandale du Samusocial a affecté les équipes sur le terrain. "J'ai été administrateur. Je ne vais pas rentrer dans la polémique sur cette question. Mais c'est vrai qu'en étant président et avec une guerre internationale sur mon territoire, si je n'étais pas impliqué dans le Samusocial, je ne faisais pas mon métier."

Trêve hivernale

Un équilibre subtil est recherché pour que tout le monde s'y retrouve affirme le président du CPAS de Saint-Gilles. Il faut "qu'il y ait une collaboration plus intégrée entre ce qu'on appelle la première ligne d'urgence et une seconde ligne où on est plus dans l'intégration et dans l'accompagnement des personnes pour les amener à sortir de cette situation de sans-abrisme."

Enfin, Jean Spinette demande une trêve hivernale plus subtile. "Je pense que les juges de paix doivent avoir un outil plus adapté, qui permette de fournir une indemnité compensatoire aux propriétaires et de permettre aux gens d'éviter la souffrance terrible qu'est l'expulsion et de se retrouver à la rue."

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