Vélo électrique: des enseignants pas indemnisés pour se rendre au travail

Le vélo à assistance électrique est-il un vélo comme un autre ? Celui qui l'utilise pour se rendre au travail a-t-il droit aux mêmes indemnités ? Pour le SPF Finances, la réponse est claire : c'est oui. Mais tous les travailleurs ne semblent pourtant pas logés à la même enseigne. Un décret sème le doute dans le monde enseignant. Non seulement l'indemnité dont ils bénéficient est moindre mais les professeurs qui viennent à l'école en vélo électrique n'y auraient pas droit du tout. Un enseignant dénonce aujourd'hui cette situation.

Tous les jours depuis début mai, Jean-François Vanwelde parcourt les 25 kilomètres qui séparent son domicile de Braine-l'Alleud de son école d'Anderlecht sur un vélo à assistance électrique. "Je trouve que c’est important de s’entretenir et de pouvoir en même temps préserver la planète des émissions de CO2."

L'enseignant s'est informé auprès de sa direction sur les indemnités qu'il pourrait percevoir. Pour lui donner une réponse claire, Pierre Vanopbroeke, le directeur de l'Institut Marie Immaculée d'Anderlecht, a pris contact avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Nous avons reçu une réponse négative qui disait : 'Non, non. L’assistance électrique, c’est comme les trottinettes électriques.' Pourtant, moi, je vois que les trottinettes électriques avancent toutes seules. Ce n’est pas le cas d’un vélo électrique."

Tout est en fait une question d'interprétation d'un décret datant de 2003, explique Jean-François Vanwelde. "Quand on dit qu’est assimilé à un vélo une chaise roulante ou un moyen de transport léger ou un moyen non-motorisé, c’est un 'ou' exclusif. Pourtant le vélo est un moyen de transport léger."

En attendant clarification, la direction de l'école a décidé de se baser sur les recommandations du SPF Finances. "C’est très clair", dit Pierre Vanopbroeke. "Les vélos à assistance électrique sont considérés comme des vélos." Dans cet établissement, près d'un enseignant sur dix a choisi le vélo, électrique ou non, pour se rendre au travail.

Du changement à la rentrée

Jean-François Vanwelde devrait toucher une indemnité d'environ 120 euros par mois pour ses trajets entre son domicile de Braine-l'Alleud et l'établissement d'Anderlecht où il enseigne. "Pour moi le manque à gagner est moindre parce que je n'utilise le vélo que depuis ce mois de mai. Mais imaginer pour des collègues qui le font toute l'année!", s'indigne-t-il. Il n'est en effet pas le seul de son école à utiliser ce moyen de transport. "Je n'ai jamais vérifié quel est le type de vélo qu'ils utilisent", reconnaît Pierre Vanopbroeke, le directeur de l'Institut Marie Immaculée, qui dénonce une situation pour le moins floue.

Le flou devrait pourtant être levé dès ce premier septembre: "C'est évidemment tout à fait légitime de rembourser le vélo électrique. C'est pour cela que le parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a voté l'adaptation du texte le mois dernier. Elle sera d'application dès ce premier septembre", indique la ministre Schyns. La mesure n'aura cependant pas d'effet rétroactif.

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