Vagues de chaleur : le corps régule lui-même sa température mais la désinvolture n’a pas sa place dans les situations extrêmes

Une vague de chaleur inédite touche depuis plusieurs jours la côte ouest des Etats-Unis et du Canada. Alors que le thermomètre frôle 50 degrés, des feux de forêts ont pris en plusieurs endroits, notamment près du village de Lytton en Colombie britannique, au Canada, où il ne reste plus que des cendres.

Ces températures extrêmes, liées au réchauffement climatique selon les experts, ont provoqué la mort de plusieurs centaines de personnes au Canada et au moins 16 décès aux Etats-Unis. La population suffoque. Au Canada comme ailleurs, dans ce genre de situation, les populations les plus fragiles trinquent. Mais n’importe qui peut souffrir d’un coup de chaleur surtout s’il se comporte de manière désinvolte.

Voici quelques conseils en cas de fortes chaleurs :

2 images
Vagues de chaleur : le corps régule sa température mais la désinvolture n’a pas sa place dans les situations extrêmes © Malaurie Gallez – RTBF

Le plafond de 42°

Le corps humain est en effet un organisme qui aime rester à la même température, autour de 37 degrés Celsius. La température de la peau, elle, se situe entre 30 et 33 degrés.

Notre corps peut seulement supporter des variations de 4 voire 5 degrés. "Tout le fonctionnement du corps est corrélé à cette température", précise le médecin-coordinateur responsable des urgences au CHU Brugmann, Thierry Préseau. "Au-dessus de 40°, le corps commence à dysfonctionner et au-dessus de 42°, la vie est en danger. Il en va de même avec des basses températures. Le corps commence à dysfonctionner en dessous de 35° et la vie est en danger en dessous de 30°".


►►► À lire : Dôme de chaleur : les prémices de phénomènes météo extrêmes dus au réchauffement du climat


Pour garder cette température, le corps va mettre en place différents mécanismes qui vont compenser les différences de chaleur. "Le corps va augmenter sa consommation en oxygène. Donc, pour en amener plus, le cœur va battre plus vite (tachycardie), les poumons vont avoir une activité plus intense (fréquence respiratoire) … Et l’hypothalamus va donner l’ordre aux vaisseaux sanguins de renvoyer le sang vers la peau", soutient le chef de service du service d’urgence du CHU UCL Namur Godinne, Julien Flament.

Les échanges de chaleur

Si l’on veut comprendre le fonctionnement de ces mécanismes, il faut analyser la manière dont se produisent les échanges de chaleur entre le corps et l’environnement. Ces échanges se font via la surface corporelle, c’est-à-dire la peau mais aussi les muqueuses (bouche, poumons, alvéoles pulmonaires, tube digestif). "Il faut retenir ceci", ajoute Thierry Préseau : "la variation de température va dépendre de la surface d’échange et de la différence de température entre le corps et l’extérieur".

En fonction de la température qu’il régule, le corps va apporter plus ou moins de sang vers la surface d’échange, vers la peau. Exemple : si on plonge notre corps dans l’eau froide, la température du corps va diminuer. Pour lutter contre cette baisse de température, le corps va essayer de diminuer la surface d’échange en refermant les vaisseaux sanguins au niveau de la peau. A l’inverse, si la température monte, le corps va essayer de réguler cette température, de la faire baisser. C’est ainsi que lorsqu’on produit un effort, on transpire pour éliminer l’excès de chaleur.

Des dysfonctionnements… jusqu’à la mort

"Le problème avec la situation aux Etats-Unis et au Canada, c’est qu’il y a presque 50 degrés de température extérieure, soit une différence de 13° avec la température du corps et de 20° avec celle de la peau", analyse le médecin coordinateur responsable des urgences au CHU Brugmann, Thierry Préseau. "Bref, il y a beaucoup de transfert de chaleur. La chaleur va toujours du plus chaud vers le plus froid… Et l’organisme va chauffer alors que ce n’est pas du tout ce qu’il veut. C’est pour ça que nous ne supportons pas les fortes chaleurs".

C’est là que ça devient dangereux : quand la température corporelle monte, le corps transpire, les effets secondaires surviennent. D’abord les maux de tête, ensuite la confusion, les douleurs musculaires, jusqu’au coma et les convulsions car le cerveau ne supporte pas bien les hautes températures. Mais ce n’est pas tout : "Quand la température centrale monte trop (41° ou 42°), on peut faire un coma prolongé avec lésions cérébrales et troubles cardiaques qui peut conduire au décès", conclut Thierry Préseau. Les morts subites constatées au Canada sont plus que probablement liées au dysfonctionnement de ces mécanismes de régulation de la température corporelle.


►►► À lire : Belgique, été 2019, la canicule s’installe sur (presque) toute l’Europe


Il faut donc comprendre le fonctionnement du corps humain et le préserver, par des gestes simples, en cas de fortes chaleurs… sans attendre les 50° observés au Canada. La canicule que la Belgique a connue l’été 2019 est là pour nous en convaincre : elle a en effet engendré pas mal de malaises dont certains se sont terminés aux urgences. Les personnes souffrant de problèmes cardiaques, respiratoires voire des personnes âgées ou des jeunes enfants ont majoritairement fait les frais de cette canicule.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK