Dilatation des rails et des caténaires: le réseau ferroviaire mis à rude épreuve par les fortes chaleurs

Vague de chaleur : le réseau ferroviaire à rude épreuve
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Que ce soit sur le matériel roulant ou sur les voies ferrées et leur équipement, les effets des températures élevées se font ressentir. Ce jeudi, journée des records nationaux de température, plusieurs trains ont encore connu des avaries à cause de la chaleur.


►►► La circulation ferroviaire perturbée à cause de plusieurs trains bloqués sur le réseau


Mercredi, la SNCB s’était vue obligée de retirer préventivement du réseau certains trains roulant au diesel sur des tronçons non électrifiés, entre Anvers et Mol. Les automotrices diesel employées sur ce parcours risquaient de rencontrer des difficultés techniques en raison des fortes températures.

Du côté du réseau ferroviaire, les équipes d’Infrabel sont pourtant, depuis tôt le matin sur le pont pour surveiller l’état de l’infrastructure et intervenir rapidement en cas d’incident, une tâche ingrate. Les risques sont multiples : dégâts aux rails, bris de caténaires.

Les rails, par exemple, sont réglés pour supporter une température moyenne de 25°C. Avec la chaleur, ils se dilatent. Alors, lorsque le mercure avoisine les 40°C, voire 50°C au niveau du ballast, les voies sont mises à rude épreuve.

"Des équipes sont déployées en permanence sur les voies pour observer, surveiller et intervenir quand c’est nécessaire", explique Arnaud Reymann, le porte-parole du gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire, Infrabel. Lorsque la chaleur monte, la pression augmente très fortement sur les rails. Le métal se dilate et il convient donc de surveiller que cette dilatation ne soit pas excessive. "Mercredi, la température sur les voies a augmenté d’une façon telle qu’on a enregistré une pression allant jusqu’à 50 tonnes sur les rails. Ce qui représente un certain risque. Nos équipes emploient donc des appareils afin de vérifier que cette pression reste dans les normes", précise M. Reymann. En cas de trop forte pression, le rail peut sortir de son berceau, se tordre et provoquer un déraillement.

Les caténaires fragilisées aussi

Les caténaires sont également affectées par les hautes températures. "Au-delà de 15°C, la caténaire a tendance à se dilater et à vouloir pendre " explique-t-on chez Infrabel. Il convient donc de s’assurer que la pression reste suffisante, si nécessaire à l’aide de contrepoids. Jusqu’à présent, aucun gros incident n’a été enregistré sur le rail à cause de la chaleur, mais plusieurs interventions urgentes ont toutefois été nécessaires.

Les ouvriers d’Infrabel surveillent aussi les loges le long des voies. Ces loges, des cabines installées le long des voies, servent à transmettre toute une série d’informations aux signaleurs. Là, la température atteint plus de 60 degrés. Youssef du service signalisation explique l’enjeu : "On essaie chaque fois de rentrer dans les loges, vérifier que tout le circuit de refroidissement fonctionne comme il faut, qu’il n’y a pas d’alarme, que toutes les températures sont bien, voilà"

Ce travail est essentiel pour la sécurité du réseau ferroviaire, pour le confort des voyageurs mais il demande parfois de faire preuve d’humilité face aux aléas climatiques.