"Vacciner les adolescents de 16-17 ans, c’est utile", explique Yves Van Laethem

Le début de déconfinement qui se manifeste dans la population "inquiète un petit peu" Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral Covid-19, interrogé sur La Première : "Je pense que tous les scientifiques ont fait confiance au fait que tout se passe en plein air, ont fait confiance à la vaccination qui progresse de plus en plus, mais on a une petite crainte qui va sans doute se solder par une certaine augmentation du nombre de contaminations dans les huit-dix jours devant nous. Ce n’est pas spécialement lié à l’Euro, mais la situation avec beaucoup de monde dans beaucoup d’endroits devrait potentiellement — c’est en tout cas un des modèles — remonter un peu le nombre de cas dans les une à deux semaines devant nous. On verra bien si ça se passe ou pas. Ce n’est évidemment pas parce que les cas remontent que la flambée va être présente dans les hôpitaux, loin de là, on l’espère".

En cette mi-juin 2021, "le virus nous donne à peu près le même aspect qu’il nous a donné l’été passé. L’été n’est clairement pas sa saison. En plus, nous avons le gros avantage cette fois-ci de cette vaccination dans notre dos. Donc, je pense qu’on devrait, nonobstant une augmentation potentielle des cas, mais j’espère sans guère d’hospitalisations, avoir un été calme, et surtout préparer l’automne avec une bonne base de protection dans la population. C’est la rentrée le point d’interrogation. Déjà, l’année passée, c’était un point d’interrogation qui s’est malheureusement très vite soldé par la deuxième vague, mais nous n’avions justement pas cette défense. C’est la grosse différence. La rentrée nous fera de toute façon un peu frissonner, c’est clair. J’espère que ce sera simplement un petit frisson d’horreur comme à la télévision, et pas une réalité".

Zones de transmission

Les adolescents de 16 à 17 ans sont invités à se faire vacciner : "C’est utile, comme de vacciner les 18 à 20 ans. Les 16 à 17 ans sont un peu dans le même contexte : énormément de contacts extérieurs, on vit encore un peu chez les parents, donc ça veut dire qu’on y dort, mais la grosse partie de la journée pour pas mal d’entre eux se passe dans des contacts extérieurs. Ce sont donc des gens qui ont une activité extrêmement importante, ce sont des jeunes qui voient du monde, non seulement des jeunes, mais éventuellement des plus âgés, leurs grands-parents ou leurs oncles par exemple. Ils font donc partie des zones de transmission. Rappelons que pour l’instant, par exemple, la plus grosse transmission se fait dans les 10 à 20 ans, et essentiellement dans les 16, 17, 18 ans. Il y a peu de pathologies chez eux, et la pathologie y est rarement grave. Je pense que l’impact essentiel est une diminution de transmission qui doit être totalement volontaire dans leur esprit, bien sûr, et retrouver cette protection potentielle vis-à-vis des autres. Leur rôle à jouer, même s’il est petit, est un rôle, comme tout le reste de la population, dans la protection des gens qui n’ont pas réagi au vaccin — ça existe — ou des gens qui ont éventuellement refusé d’être vaccinés".

"Le Conseil supérieur de la Santé a fortement insisté sur le fait qu’on ne doit pas pallier l’absence de vaccination des personnes de 50, 60, 70 ans par la vaccination des jeunes. Ça doit être quelque chose d’entièrement volontaire, dans un esprit un peu impersonnel, mais surtout, globalement, par rapport à cette vaccination, à cette protection de groupes que le vaccin peut donner. Et dans cette tranche d’âge-là, où on peut décider soi-même, à 16-17 ans, on peut, au-delà des parents, décider de ne pas se faire vacciner, c’est d’ailleurs la raison pour laquelle on a globalement tout à fait accepté cette vaccination et qu’on discute actuellement la vaccination des plus jeunes, qui est dans un contexte totalement différent. Pour l’instant la Belgique discute de la manière d’implémenter ou de ne pas implémenter la vaccination des 12 à 15 ans. Il est clair que des études sont en cours au niveau international qui descendent jusqu’à cinq ans, et qu’il y a des études qui sont prévues même à partir de l’âge de six mois ou un an. Ceci ne serait pas avant 2022-2023. Ce n’est pas parce que les études existeront qu’il faut que la vaccination elle-même soit implémentée".

A quand une immunité collective ?

"On va avoir, durant le mois d’août ou en septembre probablement, 80% de la population qui aura reçu ses deux doses de vaccin, c’est-à-dire que ce sera une quantité à mon avis suffisante, parce que l’immunité collective est quelque chose qui a un sens globalement parlant. Mais même si on ne l’atteint pas, on aura protégé massivement les populations à risque. À ce moment-là, le risque deviendra individuel et plus pour la société, pour le système de santé. Je pense que le but de cette vaccination, pour l’instant, est une protection de la société par les individus interposés, sans pouvoir jurer que toute personne sera parfaitement protégée. Mais ça, c’est le futur, c’est vivre avec ce virus et les dégâts qu’il pourra occasionner à la population, comme d’autres maladies infectieuses".

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