Vacciné alors qu'il n'y avait pas (encore) droit: le maire de Corleone démissionne

Vacciné alors qu'il n'y avait pas (encore) droit: le maire de Corleone démissionne
Vacciné alors qu'il n'y avait pas (encore) droit: le maire de Corleone démissionne - © MIKE PALAZZOTTO - BELGAIMAGE

Le maire du village sicilien de Corleone a annoncé dimanche qu'il démissionnait de ses fonctions après s'être fait vacciner contre le Covid-19 sans être prioritaire, un passe-droit sur lequel la police enquête.

"J'ai passé une nuit blanche à réfléchir à cette décision et j'ai conclu qu'il était juste que je démissionne", a déclaré Nicolo Nicolosi, 78 ans, à l'agence de presse Ansa.

"Même si j'insiste sur le fait que j'ai fait le bon choix en me faisant vacciner ainsi que les conseillers municipaux", a ajouté le maire de cette petite ville située près de Palerme, fief historique de la mafia dont le nom renvoie à la mythique saga du "Parrain", signée Francis Ford Coppola.

Les médias italiens rapportaient samedi que la police enquêtait sur l'édile et d'autres membres de son conseil, et avait signalé l'affaire au parquet local.

La ville de Corleone a confirmé sur son compte Facebook que son premier magistrat avait bien reçu deux doses de vaccin en janvier.

Personnel de santé et plus de 80 ans

L'Italie a commencé sa campagne de vaccination fin décembre, réservant les premières doses aux personnels de santé et aux personnes de plus de 80 ans.

Mais Nicolo Nicolosi a fait valoir que les hommes politiques locaux comme lui avaient aussi besoin d'une protection immédiate contre le virus, en tant que travailleurs de première ligne au service de leurs concitoyens.

Sa vaccination était "un choix conscient fait pour éviter que tout contact avec le virus ne l'oblige à abandonner son poste en pleine bataille", a argumenté la ville de Corleone.

Quelque 5,3 millions de doses du vaccin ont jusqu'ici été administrées en Italie et 1,6 million de personnes ont reçu deux injections, sur une population de 60 millions d'habitants, a annoncé le ministère de la santé.

Le nouveau chef du gouvernement Mario Draghi, qui a prêté serment le mois dernier, s'est fixé comme priorité d'accélérer la distribution des vaccins, afin de contenir la pandémie qui a tué près de 100.000 personnes dans la péninsule, l'un des pays les plus endeuillés par le virus.

 

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