Vaccination en Belgique : "On bat maintenant tous les records", souligne Sabine Stordeur

A l’aube des congés d’été, la vaccination en Belgique bat son plein. A ce jour, plus de 70% de la population de plus de 18 ans a reçu une première dose de vaccin et selon le baromètre de la motivation vaccinale montre que l’adhésion augmente, donc que de plus en plus d’hésitants sont convaincus.

Mais alors que les Belges sont nombreux à vouloir s’évader, le casse-tête et la course pour pouvoir se faire vacciner dans les temps font partie de l’édition 2021 de l’organisation des vacances. Plusieurs personnes ont par exemple saisi l’opportunité de se faire vacciner avec le Johnson&Johnson qui ne nécessite qu’une seule dose. Ce dernier vient d’être autorisé pour toutes les personnes de plus de 18 ans. Pourtant, le vaccin de cette firme avait été pendant un temps interdit pour les moins de 41 ans.

A cet égard, Sabine Stordeur, coresponsable de la Task Force vaccination indique que "dire qu’il n’y a plus de risques du tout, c’est effectivement un leurre. Quand on administre un vaccin, il y a toujours un équilibre qui doit être établi entre les bénéfices attendus de cette vaccination et les risques. Mais clairement, les risques sont suffisamment faibles pour que les bénéfices puissent l’emporter largement dans les différents groupes d’âge. Et le fait d’informer correctement les citoyens avant de recevoir un vaccin sur les risques potentiels leur permet de faire un choix éclairé en faveur de ce vaccin ou d’un autre".

Dans ce contexte, Sabine Stordeur est revenue sur l’état de la campagne de vaccination en Belgique ainsi que sur ses défis logistiques.

Course contre la montre

Un des défis que rencontre la Task Force, c’est que les Belges sont nombreux à vouloir être vaccinés complètement (deux doses quand cela est nécessaire, + deux semaines) pour pouvoir partir en vacances l’esprit léger. Mais un des problèmes rencontrés c’est que tous les vaccins ne nécessitent pas le même laps de temps entre les deux doses. Pour AstraZeneca, par exemple, pour l’heure, il faut compter douze semaines pour les personnes vaccinées avant le 21 mai. Huit semaines pour celles qui ont reçu le vaccin AstraZeneca après cette date. Le délai avait été revu. Mais pour le Pfizer, par exemple, c’est minimum 21 jours.

Ainsi devoir faire des calculs pour savoir quand nous serons complètement vaccinés et pouvoir prendre des congés peut s’avérer compliqué et tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. A cet égard, Sabine Stordeur dit comprendre les problèmes que cela peut engendrer : "Nous sommes conscients que le délai plus important entre deux doses pour ce vaccin-là est un frein pour de nombreuses personnes, surtout juste avant les vacances, et nous mettons bien entendu tout en œuvre pour permettre de réduire ce délai de 12 semaines à huit semaines". Mais la co-rspoonsable de la Task Force tient à rappeler que "c’est déjà un bon choix d’avoir été vacciné par le vaccin AstraZeneca, qui confère déjà une très bonne protection deux semaines après l’injection".

Qu’est-ce que changerait le fait d’élargir à tout le monde cette réduction du laps de temps ? "Ceux qui sont invités depuis le 21 mai ont déjà un intervalle de huit semaines. Donc, pour ceux-là, rien ne va changer. Mais bien entendu, nous parlons ici des personnes qui ont été invitées avant et qui avaient un intervalle de 12 semaines entre les deux doses", souligne Sabien Stordeur.

Livraison attendue

Le 29 juin prochain une importante livraison du vaccin AstraZeneca est attendue en Belgique. Le géant pharmaceutique a récemment été contraint par décision de justice d’honorer une partie de ses livraisons à l’UE, soit 50 millions de doses au lieu de 90 millions. "Nous savons maintenant qu’avec la livraison du 29 juin, qui va vraiment être une livraison énorme, si cette livraison est confirmée et nous arrive dans les temps, toutes les régions auront suffisamment de doses de vaccins AstraZeneca pour pouvoir avancer les délais de 12 semaines à huit semaines et permettre une vaccination encore en juillet pour les personnes qui auraient dû normalement recevoir cette dose au mois d’août", indique Sabine Stordeur.

Une situation qui énormément changé

Sabine Stordeur est également revenue sur l’évolution de la campagne de vaccination en Belgique. Ces changements entre une période d’incertitude totale et un rythme de croisière plus serein qui permettrait presque une "forme de shopping vaccinal".

Mais la période actuelle n’est pas non plus un long fleuve tranquille, rappelle la co-responsable de la Task Force. L’arrivée de nouveaux variants et d’un automne qui sera plus vite qu’il ne faut de temps pour le dire, la vaccination en Belgique ne s’accorde pas de répit.

Il y a encore une vraie urgence vaccinale puisque nous avons quand même des signaux inquiétants avec le variant Delta

"C’est vrai qu’on n’est plus tout à fait dans la même situation à la fin du mois de juin que nous l’étions durant le premier semestre. Durant le premier semestre, nous avions un vaccin à la fois, dans des quantités très faibles, et nous devions avancer très vite pour vacciner au maximum les personnes les plus vulnérables. Maintenant, nous avons à disposition quatre vaccins en quantité plus ou moins confortable selon les vaccins, et il y a encore une vraie urgence vaccinale puisque nous avons quand même des signaux inquiétants avec le variant Delta, qui nous amène à vouloir encore accélérer cette finale de campagne de vaccination", explique Sabine Stordeur.


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10 millions de personnes ont reçu une dose

La fin de la pression exercée par les retards de livraison a permis de donner un coup d’accélérateur à la campagne de vaccination. Le cap des 10 millions de doses administrées vient d’être franchi.
 
Et selon Sabine Stordeur, la Belgique est passée devant plusieurs pays européens pourtant vantés pour la rapidité de leur campagne : "Nous avons dépassé les pays que l’on convoitait depuis longtemps. On a dépassé le Danemark, on a dépassé la Finlande, on est troisième au top européen à égalité avec Malte, donc, clairement, nous sommes dans les pays au niveau international qui vaccinent le plus vite par jour", explique-t-elle. Et d’ajouter, "on bat maintenant tous les records".
 
Selon la coresponsable de la Task Force vaccination, "pour bien vacciner, il faut des vaccins, il faut une logique de distribution et d’administration, mais il faut aussi des citoyens motivés qui comprennent l’importance de se faire vacciner".
 

Un plan pour convaincre ?

Que faire pour convaincre les personnes encore récalcitrantes face à la vaccination ? Les médecins traitants et les pharmaciens pourraient être des pistes, ayant un contact de proximité avec la population.


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"Il est clair que les pharmaciens représentent souvent le premier contact, le plus fréquent d’ailleurs, avec le secteur des soins de santé, parce qu’on se rend beaucoup plus rapidement dans une pharmacie, ne fût-ce que pour acheter un médicament sans ordonnance ou du matériel médical, un thermomètre par exemple, que d’aller en consultation chez son médecin généraliste. Et les pharmaciens sont de plus en plus motivés à délivrer également des messages neutres ou positifs à l’égard de la vaccination, pas seulement pour convaincre, mais pour expliquer les avantages comparés de la vaccination par rapport à uniquement les mesures de précaution habituelles — distance sociale, port du masque, etc…", souligne Sabine Stordeur.

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