Vaccination dans les prisons : "Agir rapidement si l'on veut éviter la grève"

"Nous dire qu’on est prioritaire, nous, on le savait", réagit Grégory Wallez, permanent syndical de la CGSP-prison. "Tout cela doit être maintenant concerté de manière concrète. J’espère qu’on aura un agenda précis, rapide et qui va contenter tout le monde" poursuit-il avant d’annoncer sinon une grève effective le 25 avril à 22 heures.

Devant la dégradation de la situation, le dépôt d’un préavis de grève

Pour la CGSP-prison, "Sciensano" reprend les établissements pénitentiaires dans les "collectivités". Et le responsable syndical indique que le personnel réclame depuis des mois une vaccination rapide sans jamais avoir été entendu. "Devant la dégradation de la situation on a fini par déposer un préavis de grève !

S'il constate qu’enfin au niveau fédéral des décisions sont prises, il aura fallu pour cela attendre plusieurs morts au sein des prisons. "Ce n’est quand même pas normal que ce soit nous les syndicats du personnel qui doivent intervenir auprès du gouvernement alors que c’est à l’employeur à veiller à la sécurité de ses employés" souligne le syndicaliste.

Le ministre de la Justice évoque une dernière "collectivité fermée" à vacciner

Du coté du ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, on ne conteste pas la situation. "Les prisons étaient l’une des dernières communautés fermées qui n’avaient pas encore été vaccinées. Les conditions de vie n’y sont pas faciles, il n’y a pratiquement pas d’aération, de la surpopulation avec des contacts étroits les uns avec les autres, il fallait donc agir et prendre cette décision de vacciner". Cette situation n’est pas neuve.

À la question de savoir pourquoi avoir tant tardé alors qu’on sait que la prison est un lieu clos où le risque de développement de foyers d’épidémie est élevé, le ministre évoque une certaine hiérarchie des priorités : "Ecoutez il fallait quand même vacciner toutes les autres communautés, notamment les centres de soins de santé, les hôpitaux, les personnes âgées". Les prisons apparaissent donc désormais comme la dernière collectivité "fermée" qui sera bientôt vaccinée.

Une campagne de vaccination en deux phases

La vaccination concernera dans un premier temps les gardiens et une partie limitée des détenus, à savoir ceux de plus de 65 ans ou présentant des comorbidités. Les modalités seront présentées au personnel dès ce mardi. Le processus de vaccination est intégré dans la phase 1b en cours. Pour les autres prisonniers, il faudra encore attendre la phase 2, moment où la vaccination sera étendue à l’ensemble de la population.

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