Vaccination : à l'instar de l'Europe, des médecins de l'ULB proposent un "Pass Covid" pour la Belgique

L’idée fait son chemin dans les sphères européennes en ce moment : la conception d’un "passeport digital" est à l’étude. L’objectif est de faciliter la libre circulation en sécurité au sein de l’union ou à l’étranger, tant pour le travail que pour le tourisme, selon la présidente de la Commission, l’Allemande Ursula von der Leyen. Celui qui sera baptisé "digital green pass" servira à prouver qu’une personne a bien été vaccinée, ou dans le cas contraire, à enregistrer les résultats de tests. Tout cela respectant, selon l’Europe, la protection des données privées et la sécurité. Un tel passeport pourrait être mis en place aussi à l’intérieur de notre royaume. C’est ce que proposent quatre spécialistes de la question.


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Officiants au sein de l’Université Libre de Bruxelles, Elie Cogan – professeur émérite de Médecine interne-, Denis Goldschmidtchirurgien, Consultant en technologies d‘information médicale et hospitalière - , Yves Coppieters – épidémiologiste et professeur de Santé Publique- et Jean-Christophe Goffard – chef de service de Médecine interne et responsable des Unités Covid à Erasme- demandent aux autorités de plancher sur un "pass covid intégrant immunité et testing" qui pourrait, selon eux, "accélérer le retour à la liberté et relancer l’activité économique et culturelle en sécurité".

Accélérer le retour à la liberté et relancer l’activité économique et culturelle en sécurité

"Le Pass Covid que nous proposons est en cohérence avec la Commission européenne qui vient d’annoncer la programmation pour l’été d’un passeport COVID digital identique à notre proposition afin de faciliter la libre circulation en sécurité au sein de l’UE", précisent-ils.

Informations précieuses

Pour cela, les informations présentes sur ce ficher consisteraient au statut vaccinal, au statut sérologique (si la personne a déjà été infectée par le virus) ou à un test détectant la présence de la maladie (si la personne n’est pas encore immunisée). Pour ce test, il pourrait "s’agir de PCR ou de tests antigéniques rapides pratiqués par frottis naso-pharyngé, frottis nasal ou prélèvement salivaire. La réalisation de tests antigéniques rapides sur frottis nasal cumulerait les avantages de la simplicité du prélèvement, de la rapidité du résultat et du faible coût. Tous ces tests possèdent une sensibilité suffisante pour détecter les personnes positives à risque de transmettre le virus. Toutefois, la garantie de non-contagiosité assurée par ces tests reste limitée dans le temps. Ils devraient donc être réalisés dans les 24-48h précédant la participation à un événement actuellement interdit".

Mise en place "très rapide" et digitale

Pour les médecins, les aspects techniques ne constituent pas un obstacle à une mise en place "très rapide" du Passeport. Pour eux, il faudrait développer une appli digitale connectée aux plateformes sécurisées déjà existantes. "La possibilité d’accès aux différents secteurs actuellement non accessibles (culturel, Horeca, voyages…) serait conditionnée par un feu vert de non-contagion sur l’application mobile dédiée" préconisent-ils.

De plus, la confidentialité des données médicales sera garantie et le prix des tests de détection devrait être pris en charge par les autorités fédérales. "En outre, indépendamment de son objectif principal, le projet aurait l’avantage de stimuler tant la vaccination que le testing. Ce dernier, combiné à un traçage, restant un outil indispensable pour contenir l’épidémie tant que la campagne de vaccination n’aura pas atteint ses objectifs"

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Seringues vaccinales (image d'illustration) © POOL ERIC LALMAND - BELGA

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Les spécialistes justifient la mise en place d’un tel outil par le besoin social et économique. Selon eux, "même si toutes ces conditions sont réunies, au mieux 40% de la population sera protégée dans les prochaines semaines soit par une immunité acquise par l’infection soit par le vaccin. Chiffre insuffisant pour assurer l’immunité collective à moyenne échéance". Une vaccination primordiale donc, mais qui ne permet pas de desserrer si vite l’étau enserrant nos vies et nos activités.


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"Les propos tenus par nos responsables politiques restent empreints d’une grande prudence et nous ne devons pas nous attendre à des changements radicaux de notre quotidien dans les prochaines semaines… Au risque de voir naître une tension déjà perceptible dans la population voire une révolte dont les prémices se font sentir chez plusieurs groupes sociaux" s’inquiètent-ils, précisant qu’un déconfinement inconsidéré risquerait de conduire à une recrudescence incontrôlable de la maladie. "Nous sommes à la croisée des chemins […] et il s’agit d’être créatifs", soulignent-ils.


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Il s’agit donc d’être créatif afin de concilier le retour rapide à une vie plus normale tout en empêchant une amplification de la transmission du virus avec les conséquences attendues en termes d’hospitalisations et de risque de saturation de notre système de soins.

 

 

Reportage sur la situation préoccupante dans les hôpitaux dans notre JT du 1er mars :

Bouffée d’oxygène

Ce passeport, temporaire, "permettrait à court terme à chaque citoyen de retrouver en sécurité un espace de liberté et donnerait aux secteurs actuellement asphyxiés une bouffée d’oxygène indispensable à leur survie", justifient ces ténors du corps médical.

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