Vaccin contre le coronavirus : un pays sera-t-il prioritaire?

La corse au vaccin est loin du sprint final
La corse au vaccin est loin du sprint final - © Paul Biris - Getty Images

Le gouvernement britannique a annoncé dimanche qu'il débloquait 84 millions de livres supplémentaires (94 millions d'euros) pour soutenir la recherche d'un vaccin contre le virus. Le gouvernement conservateur de Boris Johnson avait déjà investi 47 millions de livres (53 millions d'euros) dans les recherches effectuées par l'Imperial College de Londres et l'institut Jenner de l'université d'Oxford, deux membres de la "task force" lancée à la mi-avril pour lutter contre le virus. C'est le ministre britannique des Entreprises Alok Sharma qui a fait cette annonce, saluant les "bons progrès" enregistrés par cette task force.

Le nouvel apport du gouvernement "permettra de produire en masse le vaccin testé par Oxford", qui a entamé la phase des essais cliniques, a déclaré Alok Sharma, "de sorte que si ces essais sont concluants, nous disposerons des doses nécessaires pour commencer immédiatement à vacciner la population britannique".

Le Royaume-Uni sera le premier pays à avoir accès au vaccin

L'université d'Oxford a conclu un accord avec la firme britannique AstraZeneca concernant la fabrication et la distribution du vaccin. Si celui-ci "est efficace, AstraZeneca produira 30 millions de doses qui seront disponibles d'ici septembre pour le Royaume-Uni", a précisé le ministre. "Le Royaume-Uni sera le premier pays à avoir accès au vaccin, mais nous nous assurerons également qu'il soit disponible au prix le plus modeste possible pour les pays en développement", a-t-il ajouté, l'accord avec AstraZeneca porte en effet sur la production de 100 millions de doses au total.

La course au vaccin est encore très loin du sprint final. Quand aboutira-t-elle? Alors que certaines des firmes candidates testent des candidats vaccins, elles pourraient ne jamais aboutir. Et la production en masse pourrait ne débuter qu'au cours de l'hiver prochain (dans des usines qu'il faut encore construire).

Accessibilité au vaccin

Les déclarations du ministre britannique, comme celles d'un responsable de Sanofi qui a annoncé il y a quelques jours qu'il distribuerait son éventuel vaccin prioritairement aux Etats-Unis, puisque ce sont les autorités américaines qui ont financé ses recherches, posent la question de l'accessibilité au vaccin, une question qui est au cœur de l'assemblée annuelle de l'OMS, qui se tient jusque ce mardi.


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AstraZeneca, Sanofi (avec GlaxoSmithKline, en partie implanté en Belgique), Johnson&Johnson (société mère de la firme belge Janssen Pharmaceutica), Pfizer (qui a un site de production à Puurs) : tous les géants pharmaceutiques sont dans la course parmi une centaine de projets au moins. Des firmes belges et des sites belges seront concernés. Le gouvernement fédéral va consacrer une vingtaine de millions d'euros dans un programme de recherches (aux universités d'Anvers et de Bruxelles) destiné à tester l'efficacité de futurs vaccins (mais ce sera pour une future pandémie).

"Bien public mondial"

Il est clair que notre pays ne sera pas prioritaire pour l'accès au vaccin. En 2009, lors de l'alerte à la grippe H1N1, l'Etat avait commandé des millions de doses de vaccin qui n'ont jamais été utilisées. En 2020, l'espoir serait que l'Europe se lance dans des achats groupés. En attendant, des voix de plus en plus nombreuses demandent que soit produit un vaccin accessible à tous. Le président chinois Xi Jinping lui-même a promis de partager un éventuel futur vaccin contre le coronavirus avec le reste du monde : tout vaccin mis au point par la Chine deviendra un "bien public mondial", a-t-il dit.

Journal télévisé du 14/05/2020