Vaccin anti-coronavirus : l’Absym opposée à l’idée de vacciner d’abord les personnes atteintes de comorbidité

Le programme de vaccination est clair : après les maisons de repos, les personnes âgées et les soignants viendront les personnes à risque, qui ont des facteurs de comorbidité. Comprendre : l’obésité, les maladies auto-immunes ou encore le diabète. Mais cette idée ne plaît pas à tout le monde, à commencer par l’Absym, l’association des syndicats médicaux. "La volonté de tri sur la base de facteurs de comorbidités, si elle est une belle idée en théorie, entraînera tant de difficultés pratiques qu’elle aura des effets plus néfastes que bénéfiques", écrit l’association dans un communiqué.

Le syndicat juge en effet que cette décision pourrait être inéquitable, notamment à cause d’un manque d’information. "Il n’y a pas un endroit dans le dossier médical informatisé où un centre de vaccination pourrait avoir accès à l’information que vous êtes obèse, que vous avez une maladie auto-immune", explique Philippe Devos, président de l’Absym. Pour l’association, il y a un vrai risque d' "oublier" des patients. "L’autorité croit qu’il sera possible en un clic d’obtenir la liste des patients élus à la priorisation de la vaccination. Ce ne sera pas le cas", note le communiqué.


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Selon l’Absym, 50% des Bruxellois n’ont pas de dossier informatisé, ce qui rend compliqué l’accès à des prescriptions médicales. Quant à évaluer les risques à partir des médicaments prescrits, cela pourrait laisser sur le carreau certaines personnes, comme les personnes obèses.

L’association estime alors qu’il faudrait développer un programme informatique, mais qui prendrait du temps. "Le risque est alors qu’on s’engage dans un piège temporel dans lequel, en voulant offrir un gain de temps pour les patients à risque par rapport aux patients du même âge, on se retrouve à retarder la vaccination entière à cause des délais de déploiement de cette solution informatique", note l’Absym. Selon un récent avis du Conseil supérieur de la santé, la totalité de personnes de moins de 65 ans avec des comorbidités s’élève à 1,3 million en Belgique.


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Plutôt que de procéder par groupes à risque, l’Absym propose donc de faire des tranches d’âge. "Le facteur de risque le plus important de faire des complications, c’est l’âge", rappelle Philippe Devos. L’Absym estime d’ailleurs "qu’aucun facteur de risque de morbidité ne dépasse le risque lié à l’âge". En faisant vacciner les personnes par strate d’âge, l’association estime que moins de personnes seront lésées par leur état de santé par rapport à d’autres.

Enfin, L’Absym affirme que le fait de faire des listes de malades poserait problème du point de vue du secret médical. "Dans le système proposé, la seule date de vaccination permet déjà à quiconque de savoir que la personne devant soi souffre de maladie puisqu’elle aura fait partie des prioritaires, rappelle l’association. Imaginez les conséquences si demain cette date de vaccination doit être produite pour obtenir un emploi ou pour d’autres démarches." Un trop grand risque de stigmatisation, selon l’association.

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