Vacances en famille, à 21, dans un gîte : "On vient d'apprendre que nos vacances seraient probablement annulées"

Comme chaque année, Delphine et sa famille ont réservé une villa pour y passer leurs vacances d'été. D'habitude, ils partent en France. Mais cette année, ils ont opté pour l'Ardenne belge. "C'est plus écologique et plus sûr vu le contexte covid".

Problème : c'est une famille nombreuse. En tout, ils sont 21 : les grands-parents, les trois frères et sœurs de Delphine, et leurs enfants respectifs. Or jusqu'à présent, la bulle sociale est limitée à 15 personnes par semaine en plus du foyer.  

"J'ai très envie de partir en vacances mais à cause du confinement, on ne va peut-être pas y aller" s'attriste Cédric, 5 ans.

En effet, la famille vient de recevoir une mauvaise surprise : un mail de la société de location, stipulant que les séjours de plus de 15 personnes n'étaient finalement pas possibles. "Les vacances avaient pourtant été payées et confirmées, mais après avoir consulté la ministre du Tourisme, la société de location nous a prévenus qu'on ne pouvait pas être plus de quinze" explique Delphine


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Deux options s'offrent donc : reporter les vacances ou les maintenir avec moins de quinze personnes. Des alternatives qui étonnent : "On ne va quand même pas dire à un frère ou une sœur : désolé, vous et vos enfants, ne venez pas! Quant à la possibilité de reporter, le gîte n'est plus disponible avant plusieurs mois..." 

Le gîte ne fait que respecter les règles

Alors les responsables du gîte sont-ils trop stricts? En fait, ils ne font que respecter les règles. La bulle sociale est limitée à quinze. Les gîtes ne peuvent pas accepter des groupes de taille plus importante. 

"C'est ça qu'on ne comprend pas !" dénonce Delphine. "On autorise des événements à 200 et des camps scouts à 50, où ils sont dix adultes et quarante enfants. Alors que nous, on est dix adultes et onze enfants d'une même famille et on ne peut pas se voir ! C'est injuste!" 

Du côté du gouvernement, on justifie cette position par le fait que dans un camp scout, il y a un protocole et un certain contrôle des mesures sanitaires. Dans un gîte, pas du tout. De plus, une famille a tendance à multiplier les contacts rapprochés.

"Les familles nombreuses sont oubliées"

Mais ces arguments ne satisfont pas Delphine et sa famille. "On peut partir en vacances avec quinze amis. Mais sa famille, on ne la choisit pas ! On a un nombre fixe de frères et sœurs ! Ces règles ne sont pas très cohérentes" déplore Delphine. "Ce qui me choque, c'est qu'on ne prend pas en compte la réalité sociologique des familles" ajoute Anne, mère de Delphine et grand-mère de Cédric. 

Seule éventualité qui leur permettrait de partir? Un élargissement de la bulle sociale le mercredi 15 juillet, au Conseil National de Sécurité. 

Autre option : partir en France, où ces restrictions ne sont pas d'application. "On en vient à des situations pour le moins paradoxales" conclut Delphine. "Nous qui voulions faire vivre l'économie belge..." 

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