Vacances aux USA annulées: quand un ESTA refusé au dernier moment vient tout gâcher

Vacances aux USA annulées : quand un ESTA refusé au dernier moment vient tout gâcher
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Vacances aux USA annulées : quand un ESTA refusé au dernier moment vient tout gâcher - © Belga - D.R.

Pour se rendre aux Etats-Unis en tant que touriste, il est indispensable de se munir du formulaire ESTA (pour Electronic System for Travel Authorization). La demande se fait uniquement en ligneau plus tard 72 heures avant le départ, pour un coût de 14 dollars (une douzaine d'euros environ).

En général, il s'agit d'une simple formalité et la réponse de l’administration américaine est instantanée. Et, parfois, c’est la douche froide formulée en ces termes : « Voyage non autorisé. Vous n’êtes pas autorisé à vous rendre aux États-Unis dans le cadre du Visa Waiver Program (programme d’exemption de Visa, NDLR). » Sur le site internet de Brussels Airport, on se veut rassurant : « Cela n’arrive qu’à à peine 1% des voyageurs belges. »

Plusieurs cas d’ESTA refusés nous ont été signalés ces derniers jours. Parfois, il s’agit même d’un refus d’embarquer en toute dernière minute, au comptoir de la compagnie.


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Car un ESTA en bonne et due forme ne garantit pas systématiquement l’accès au territoire américain. « La liste des passagers est envoyée aux autorités américaines 24 heures avant le départ », nous explique-t-on du côté de Brussels Airlines. Le Customs and Border Protection (le service des douanes et de la protection des frontières des Etats-Unis) et la Transportation Security Administration (l’Administration de la Sécurité des transports) inspectent les noms des passagers et rendent leur verdict.

A l’aéroport de Bruxelles-National, ce sont ensuite les sociétés privées G4S et ICTS qui effectuent un précontrôle des passagers. Il est donc bien possible de se faire refouler avant même d’avoir mis un pied dans l’avion.

ESTA validé ? Entrée pas garantie

Le parcours d’obstacle se poursuit une fois de l’autre côté de l’Atlantique. « À votre arrivée aux États-Unis, vous serez inspecté à un point d’entrée par un agent de la Customs and Border Protection qui peut déterminer que vous n’êtes pas admissible », peut-on lire sur le site des douanes.

Les compagnies aériennes qui volent vers les Etats-Unis sont très prudentes. Et pour cause : si elles laissent passer un passager qui se fait refouler une fois arrivé sur l’autre continent, elles risquent des sanctions. « Le transporteur peut essuyer une importante amende, voire même perdre ses droits de trafic », rapportait un article du journal français Les Echos en octobre 2017.

Si un passager passe entre les mailles du filet et se fait recaler à la frontière, il sera rapidement renvoyé vers son point de départ. Soit grâce à son billet de retour dont la date aura été avancée, soit aux frais de la compagnie elle-même. Du côté du voyagiste TUI, on nous affirme que c’est le fautif lui-même qui paye le retour quoi qu’il arrive.

A cause du shutdown ?

Quand un ESTA est refusé, aucune explication n’est fournie par l’administration américaine. « Les ambassades et les consulats n’ont pas la possibilité de fournir des détails sur ces refus d’ESTA ou de résoudre le problème ayant entraîné le refus d’ESTA ». Tout juste le candidat refusé peut-il se poser des questions qui resteront sans réponse : un nom de la mauvaise consonance ? Une adresse qui n’inspire pas confiance ? Des commentaires désobligeants envers les Etats-Unis postés sur les réseaux sociaux ?

Les cas récents pourraient-ils être liés au « shutdown » qui paralyse l’administration américaine ? Nous avons tenté de joindre l’ambassade des Etats-Unis à Bruxelles pour en savoir plus. Mais personne n’a pu nous répondre dans l’immédiat. Et pour cause : le 21 janvier c’est le « Martin Luther King Day », un jour férié au pays de Donald Trump… En tout cas, des témoignages publiés sur les réseaux sociaux indiquent que des ESTA sont toujours délivrés malgré le chômage forcé des fonctionnaires.

Le voyagiste Connections n’a pas non plus d’écho de refus d’ESTA à cause du shutdown. Mais, précise Franck Bosteels, porte-parole de Connections, « depuis deux semaines on a rappelé aux points de vente et aux clients l’importance de faire la demande minimum 72 heures avant le départ ».

Connections dispose aussi d’un point de vente à l’aéroport de Bruxelles-National où il est possible de se procurer un ESTA juste avant de sauter dans l’avion. Ces « dépannages en urgence », comme les appelle Frank Bosteels, l’agence en fournit jusqu’à 1500 par an. Dans ce cas, conséquence du shutdown selon lui, « ça fonctionne une fois sur dix, contre neuf fois sur dix en temps normal ». Résultat : « Tous les distraits se voient couper l’herbe sous le pied. »

D’autres voies

Seul espoir en cas de refus : se tourner vers le « Traveler Redress Inquiry Program » du Department of Homeland Security (DHS TRIP) dans l’espoir d’en savoir plus et d’introduire un recours. Cependant, « il n’existe aucune garantie qu’une demande de recours par le biais de DHS TRIP puisse résoudre l’inadmissibilité au Visa Waiver Program ayant entraîné le refus de la demande ESTA d’un candidat ».

L’autre solution consiste à introduire une demande en dehors du programme d’exemption de Visa… « Les ambassades et les consulats pourront traiter une demande de visa de non immigrant qui, si elle est approuvée, sera l’unique moyen pour un voyageur dont la demande ESTA a été refusée d’être autorisé à se rendre aux États-Unis. » Mais cela peut prendre du temps. Pas évident quand le départ est imminent.


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