Va-t-on enfin allonger la durée du congé de maternité dans l'UE?

"La présidence en exercice veut réessayer" de soumettre ce texte aux discussions des 28, a dit devant le Parlement européen à Strasbourg Sandro Gozi, secrétaire d'État italien chargé des Affaires européennes. "Nous pensons que ça vaut le peine de réessayer (...) On pourrait réexaminer la proposition pour voir si les conditions (d'un accord) existent et essayer d'éviter qu'elle ne s'enlise", a-t-il ajouté, observant toutefois que l'entreprise s'annonçait "difficile" en raison de "divergences très importantes" entre États membres.

Le texte concerné, proposé par la Commission européenne en 2008 et approuvé par le Parlement européen en 2010, vise à porter la durée minimale du congé de maternité à 20 semaines (au lieu de 14 semaines au minimum actuellement), avec une rémunération à 100% du salaire, et à instaurer le principe d'un congé de paternité rémunéré.

Toutefois, depuis fin 2010, les gouvernements de l'Union européenne ne sont pas parvenus à s'entendre sur cette proposition. Le blocage est tel que la Commission a évoqué le mois dernier la possibilité d'enterrer définitivement ce texte. "La proposition a été bloquée depuis trop longtemps, il n'y a eu aucun progrès depuis trois ans", s'est justifié mardi le commissaire européen Siim Kallas. Retirer le texte permettrait de repartir de zéro, de prendre "un nouveau départ sur ce sujet avec un texte plus moderne, plus contemporain", a-t-il fait valoir.

Mais plusieurs eurodéputés ont fait part de leur impatience. "Nous ne pouvons plus attendre, c'est une urgence", a ainsi souligné la socialiste italienne Alessandra Moretti. "Alors que la droite invoque l'argument du coût d'une telle mesure, nous souhaitons rappeler que l'égalité des droits ne se monnaye pas", a fait valoir de son côté l'élue écologiste française Karima Delli, appelant à ne pas "enterrer ce projet".

Actuellement, la durée minimale du congé de maternité est de 14 semaines dans l'Union européenne. De nombreux pays vont au-delà, mais les conditions d'indemnisation sont très variables d'un État à l'autre. Les pays opposés à un allongement à 20 semaines, au premier rang desquels la Grande-Bretagne ou la France, avaient fait valoir en 2010 que cela induirait des coûts supplémentaires importants, en pleine période de disette budgétaire en Europe.

AFP

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