Université, mariage, paternité : le parcours du combattant des adoptés

Ils et elles étaient enfants. Ils ont été adoptés au Congo, au Sri Lanka, en Inde ou encore au Guatemala et vivent désormais en Belgique avec la nationalité belge et une carte d’identité. Pourtant, au cours de leur vie, beaucoup connaissent encore des freins. La raison ? Un document : l’acte de naissance. Dans de nombreux cas, celui-ci est jugé illégal. Dans d’autres, les enfants adoptés ne le possèdent pas. Il existe cependant un acte d’adoption mais il semble très souvent insuffisant pour engager certains actes administratifs. Les personnes adoptées demandent au monde politique que cela change. Ils réclament la création d’une loi qui ne les oblige pas à présenter un acte de naissance d’origine, mais uniquement un extrait de retranscriptions des registres civiles belges.

"J’ai peur que mon mariage soit annulé !"

Sheela est d’origine indienne. Elle est mariée aujourd’hui, mais cela n’a pas été simple. Lors de ses premières démarches, elle présente son acte d’adoption. Celui-ci est jugé insuffisant. La réponse de l’état civil tombe. Impossible de prononcer ce mariage dans ces conditions. Pour Sheela, c’est la désillusion. La salle du mariage était déjà réservée, les invitations déjà envoyées. Il y a une dizaine d’années, des employés de l’état civil écoutent son histoire et décident de fermer les yeux en se contentant de son acte d’adoption. Aujourd’hui, elle préfère rester anonyme pour ne pas risquer l’annulation de son mariage.

Trois autres demandes au monde politique

Depuis la fin des années 1970, des milliers d’adoptions ont eu lieu dans notre pays. Ces enfants sont devenus des adultes. Ceux-ci cherchent généralement à mieux connaître leurs origines. Pour cela, le collectif demande la création d’un centre fédéral qui puisse coordonner la recherche des origines.

Dans le même ordre d’idée, une demande est faite pour la mise en place d’une base de données ADN. Cette banque ADN pourrait ensuite être comparée avec les banques ADN des pays d’origine.

Enfin, les enfants adoptés réclament une prise en charge médicale et psychologique partiellement remboursée. L’enfant adopté et la famille qui l’entoure doivent combattre des traumatismes liés à l’abandon ou liés à la fracture culturelle et linguistique.

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