United stages: le secteur culturel s'engage pour les migrants et les réfugiés

Le théâtre de la Balsamine
Le théâtre de la Balsamine - © Tous droits réservés

Plusieurs lieux bruxellois se sont unis pour lancer des actions concrètes. Le 140, La Bellone, le théâtre de la Balsamine ou encore le théâtre Varia ont créé un label: United Stages. Virginie Cordier, directrice du centre culturel La Vénerie à Watermael-Boitsfort en explique le principe.

"United Stages est né en janvier 2017 face à l’afflux de migrants. Le secteur culturel s’est très vite mobilisé. Le théâtre de la Balsamine a lancé un appel et, très vite, il y a eu de nombreuses réactions. On a alors créé ce label pour entrer dans des actions plutôt que de parler. De manière assez autonome nous nous sommes pris en main. A la Vénerie, on a fait un appel aux dons au niveau de la commune et des habitants. Nous avons reçu des milliers de livres qu’on a triés, puis on les a vendus à la brocante et nous avons gagné plus de 1300 euros en une journée. L’objectif était de rassembler 5000 euros. Et à chaque fois, on choisit une association qu’on va soutenir. Dans ce cas-ci, c‘était la plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. Très concrètement, on a acheté des cartes de téléphone, des cartes de transport et un espace de psychomotricité pour enfants a été mis en place."

Le déclic né de l'indifférence politique

Virginie Cordier explique que c’est de l’indifférence du politique qu’est né le déclic. Comme l’acte citoyen d’un secteur qui se mobilise. "Le secteur n’est pas là, comme le disait Marie-Aurore D’Awans lorsqu’elle a reçu le prix du théâtre, pour donner des leçons, mais on ne peut pas faire ce qu’on fait au quotidien, travailler sur des valeurs qui sont très fortes et ne pas réagir à ça. C’est une évidence, ce sont juste des humains qui réagissent à une crise humanitaire. "

Ce n’est pas notre rôle, mais a-t-on le choix ?

Est-ce pour autant le rôle d’un théâtre, de se lancer dans ce type de débat politique ? " Pas du tout ", répond simplement Virginie Cordier qui explique qu’organiser les théâtres pour accueillir et héberger des migrants, comme c’est le cas de La Balsamine et du 140 exige une infrastructure : " Vous imaginez bien qu’on n’ouvre pas les portes et qu’on laisse l’accès comme ça, il y a des assurances en jeu. Ça veut dire que les équipes dorment sur place. Or, on ne les engage pas pour faire ça. Donc effectivement ce n’est pas notre rôle, mais a-t-on le choix ? On ne peut pas fermer les yeux."

Les spectateurs respectent ce choix

Virginie Cordier remarque que le public de la Vénerie, située sur le territoire de Watermael-Boitsfort réagit bien à cette démarche. " On trouve énormément d’intellos précaires, énormément de personnes engagées. On est un centre culturel, on reçoit régulièrement des citoyens qui viennent en nous demandant d’organiser, par exemple, un cycle sur la démocratie, en collaboration avec d’autres  bénévoles  qui ont également envie de réfléchir à des questions de société."

Sont-ils fiers de leur théâtre ? Je l’espère répond Virginie Cordier: "Je n’en sais rien. Ce qui est important, c’est de susciter l’envie, de faire boule de neige. On met des urnes maintenant dans plusieurs théâtres et on a retrouvé un billet de 50 euros. Ca fait plaisir. "
 

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