Une ville danoise impose le porc dans ses cantines

Une ville danoise impose le porc dans ses cantines
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Une ville danoise impose le porc dans ses cantines - © Tous droits réservés

Le conseil municipal de la ville de Randers (60 000 habitants), dans le nord du Danemark, a tranché. Il a décidé que les institutions publiques seront obligées de proposer des plats à base de porc dans leurs menus. Cela concerne donc les crèches, mais aussi les maisons de retraites en passant par les écoles. Selon le Courrier International, 16 membres du conseil municipal ont voté pour et 15 étaient opposés à l'idée que "la culture gastronomique danoise doive faire partie des institutions municipales". 

Une proposition émanant de l'extrême droite

Le quotidien local, le Berlingske,  raconte que la discussion précédent le vote a été fort animée. Par ailleurs, la proposition vient du député local Frank Norgaard, du Parti du Peuple apparenté à l'extrême droite. Mais c'est grâce aux voix du Parti libéral que la majorité a été atteinte."Nous voulons assurer la présence de viande de porc dans les institutions à ceux qui en veulent (...). Dans plusieurs endroits, il y a d’insidieuses tentatives pour faire en sorte que l’on ne serve pas de viande de porc". A déclaré le député. 

 

Un débat récurrent au Danemark

Cette question du porc dans les établissements publics refait souvent surface dans le pays scandinave. En 2013 déjà, la chef de gouvernement sociale-démocrate Helle Thorning-Schmidt avait pointé du doigt les écoles qui ne proposaient pas de porc. Elle appelait au respect des traditions nationales. Cette polémique avait d'ailleurs profité au parti d'extrême droite qui avait réalisé un score historique lors des élections de juin dernier. Enfin, l'Express relatait des faits similaires à la mi-janvier. Une autre ministre, Inger Støjberg, avait accusé une crèche de ne pas servir de porc. C'était lors d'un débat public où elle citait cet exemple pour prouver les méfaits de l'immigration. Ces accusations s'étaient finalement appuyées sur des informations complètement fausses... Depuis, les réseaux sociaux se sont emparés du phénomène. Qualifiant ces affaires de "guerres de boulettes", le hashtag #meatballwar est d'ailleurs apparu sur Twitter. 

Un gros producteur européen

Le Danemark est en effet un des plus gros producteurs européens de viande porcine. On compte 13 millions de porcins pour 5,7 millions d'habitants. Cette production augmente sans cesse et les méthodes de productions ont radicalement évoluées en 10 ans. De plus, la politique environnementale respecte des normes toujours plus strictes. Cela explique sans doute l'attachement de ce député à la viande de porc.

Un débat qui rappelle un cas similaire en France

La France aussi a connu des débats de ce type dans plusieurs communes, dont celle de Chalon-sur-Saône. Il y cependant une nuance, là où au Danemark on souhaite imposer le porc, en France, on voulait retirer les menus de substitutions sans porc. L'argument évoqué par le maire Républicains, Gilles Platret, était que: "La mention 'avec' ou 'sans porc' faisait entrer des considérations religieuses dans des lieux où elles n’avaient pas leur place", avant d'ajouter vouloir "revenir à la neutralité de l’organisation du service public de la restauration scolaire". 

Cela avait provoqué de vives réactions, chez les parents d’élèves, les défenseurs des Droits de l'Homme, mais aussi au sein de son propre parti. Le président de la section chalonnaise de la Ligue des Droits de l’Homme, Nicolas Besseyre, déclarait à l'époque:"Le menu de substitution existait depuis tente et un ans à Chalon et il faisait consensus chez les parents, les enseignants, les éducateurs". En effet, les cantines de la ville proposaient depuis 1984 un menu de substitution au porc, viande impure pour les musulmans et pour les juifs.

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