Le rail belge a-t-il vraiment connu une semaine noire?

Chez Infrabel, on préfère attendre le rapport mensuel du mois de mai qui permettra de savoir si, oui ou non, cette semaine aura été aussi catastrophique que d’aucuns le ressentent.
Chez Infrabel, on préfère attendre le rapport mensuel du mois de mai qui permettra de savoir si, oui ou non, cette semaine aura été aussi catastrophique que d’aucuns le ressentent. - © FILIP DE SMET - BELGA

Déraillement, chute de camion sur la voie, accidents de personnes, problèmes d’aiguillage, pics de chaleur… Les chemins de fer ont-ils connu une semaine noire? Selon la SNCB, elle ne fut pas pire que d’habitude et, surtout, la faute en reviendrait rarement à l'entreprise de transport. Chez Infrabel, on préfère attendre le rapport mensuel du mois de mai qui permettra de savoir si, oui ou non, cette semaine aura été aussi catastrophique que d’aucuns le ressentent.

Pas besoin de remonter bien loin dans le calendrier pour appréhender l’importance du phénomène. Le mardi 16 mai, une personne est heurtée sur les voies par un train à destination de Turnhout, entraînant l’interruption de la circulation ferroviaire entre Schaerbeek et Vilvorde. Le même jour a lieu une tentative de suicide en gare de Schaerbeek.

Le lendemain, mercredi 17 mai, le nombre des incidents explose. La circulation est interrompue entre Huy et Flémalle, à la suite d'un problème d’aiguillage. Le même jour, un colis suspect est trouvé en gare de Gand-Saint-Pierre, mettant trois voies hors service.

Le plus spectaculaire est à venir. Le jeudi 18 mai un train de marchandises déraille dans la nuit entre Aubange et Athus. Pas de blessé, mais 15 kilomètres de voies sont à remplacer, ainsi que des aiguillages et des traverses.

Et enfin, ce vendredi matin, un camion tombe d'un pont routier sur les voies de chemins de fer entre Libramont et Bertrix. Bilan humain: deux blessés légers.

Une simple visite sur le compte Twitter de la @SNCB ‏ montre que la circulation de personnes sur la voie est coutumière et que les dérangements de la signalisation sont monnaie courante. Sans parler des "moutons sur la voie" et des "travaux urgents".

Sur le long terme, les incidents sont à la baisse

Se basant sur les statistiques à long terme, la SNCB, ne croit pas dans la loi des séries. Le nombre des incidents serait même en faible baisse, même si, globalement, le nombre de minutes perdues est en augmentation.

1,5 millions de minutes perdues en 2016

En 2016, les incidents divers ont entraîné la perte de 1,554 million de minutes, soit 210 000 minutes de plus qu’en 2015. Mais la SNCB dit n’être responsable que de 27,5% de l’ensemble des incidents contre 36% en 2015. Réduisant ainsi de 58 000 minutes le nombres de minutes perdues par sa faute.

Constat inverse pour Infrabel, responsable de 22,1% des problèmes en 2016, contre 20,9 en 2015.

Mais l’accroissement des incidents est surtout la cause des tiers (personnes circulant sur la voie ou franchissement de passages à niveau) et de la catégorie " Autres ".

La responsabilité de la SNCB a diminué

Lorsqu’on suit l’évolution, année par année, conclut Elisa Roux, porte-parole de la SNCB, "On constate que la responsabilité de la SNCB dans les retards a diminué. Ces derniers jours, typiquement ce matin (un camion militaire renversé sur les voies), la responsabilité des incidents est imputée à des tiers. Cela n’empêche évidemment pas les voyageurs d’être impactés, et nous le comprenons bien".

Chez Infrabel, Frédéric Sacré, porte-parole, dit avoir répertorié 27 incidents lundi, 48 mardi, 68 mercredi et 41 jeudi. Mais certains de ces incidents peuvent n’avoir aucun impact pour le public. "Au contraire du déraillement à Arlon et du camion militaire tombé sur la voie qui sont très handicapants pour la régularité du trafic."

L’effet chaleur

Parmi les causes possibles de certains incidents pourrait figurer l’effet chaleur. " Les caténaires et les rails sont très sensibles à des variations brusques de température. Le public sait peu que la variation de la taille d’un rail est de 70 cm au km ".

Pour savoir si cette semaine aura été exceptionnellement mauvaise pour les chemins de fer- et pour les navetteurs- il faudra attendre un mois, assure le porte-parole d’Infrabel, et la date de sortie du rapport mensuel sur les retards cumulés. "Avant cela, il est impossible de tirer la moindre conclusion"  

Le déraillement survenu ce vendredi matin en vidéo

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