Une route solaire d'un kilomètre dans la grisaille de Normandie

La route solaire se trouve sur une départementale, dans un petit village de Normandie.
La route solaire se trouve sur une départementale, dans un petit village de Normandie. - © © COLAS-Yves SOULABAILLE

C’est en Normandie, dans une région réputée pour son ciel gris, que s’est installée la première route solaire au monde en décembre dernier. Elle a été installée sur un tronçon d’un kilomètre sur la route départementale 5, à Tourouvre au Perche.

" 90% du temps, une route va être exposée aux rayons du soleil et n'est pas utilisée. Le trafic des marchandises et des personnes ne représente que dix pourcent de sa vie. Par conséquent, on pouvait essayer de coller des cellules photovoltaïques à sa surface ", indique Johnny Clatot, ingénieur chez Wattway, la une filiale de la société française à l’origine de cette route.

Ce tronçon est composé de 2880 dalles. Chacune se compose de petits carrés de feuilles de silicium. Exposées à la lumière, ces dernières génèrent de l’électricité qui est renvoyée directement dans le réseau.

" C’est extrêmement fin, la dalle photovoltaïque fait à peine sept millimètres. Ce qui signifie qu’on peut la coller directement sur la chaussée. On va ensuite répandre une résine mêlée avec des grains de verre et on va récupérer de la rugosité et de l’assurance sur la surface ", poursuit l’ingénieur.

Deux inconvénients majeurs

Si l’idée séduit, notamment le maire du village de Tourouvre au Perche et ses habitants, la route comporte toutefois quelques inconvénients. Le premier est le bruit occasionné par le relief de la route. " C’est horrible le bruit. On ne pourra pas avoir des routes comme celle-là sur l’ensemble du territoire ", raconte l’un des commerçants du village. Ce témoignage est appuyé par celui d’une autre commerçante. " J’ai de la famille qui habite pas loin et du coup, on entend passer les voitures et ça fait quand même du bruit ", ajoute-t-elle.

Autre problème : l’électricité produite est réinjectée dans le réseau, mais elle ne bénéficie pas directement aux habitants. Mais le maire de Tourouvre au Perche voit l’avenir positivement. " Ce n’est pas très parlant. Il faudra qu’il y ait une autoconsommation. On viserait évidemment l’éclairage public de notre commune, les bâtiments publics, les écoles et aussi les logements sociaux pour faire bénéficier les locataires de quelques dizaines d’euros par an ", explique Guy Monhée.

En fait, ce tronçon en panneaux photovoltaïques d’un kilomètre de long doit permettre d’alimenter l’éclairage public d’une ville de 5000 habitants.

Une fierté pour les habitants du village

Malgré quelques désagréments, la plupart des habitants se réjouissent de cette expérimentation mondiale dans leur petit village. " C’est toujours flatteur de se dire que la première route solaire est ici ", se réjouit une commerçante. " Je pense qu’on va avoir pas mal de curieux qui vont venir voir parce qu’à Tourouvre, c’est rare quelque chose comme ça ", espère une autre. Pour l’instant, la route a régulièrement été fermée pour cause de maintenance, selon certains habitants. Difficile donc d’y voir à l’heure actuelle, un vrai bénéfice. Mais cela ne fait qu’un mois que l’expérience a été lancée.

Cinq millions d’euros ont été dépensés par le gouvernement français pour mettre sur place le projet expérimental.

Un rôle social aussi pour ce projet

Si l'idée d'une route solaire émane tout droit d'une grande société française, les panneaux ont été construits dans la région, à quelques kilomètres du village. C'est d'ailleurs pour cela que ce tronçon a été construit à Tourouvre au Perche. Un projet qui a permis de sauver, pour l'instant du moins, la société locale.

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