La biodiversité pourrait chuter de 67% d'ici 2020: des solutions possibles près de chez nous

Une réserve naturelle WWF en plein cœur du port d'Anvers
Une réserve naturelle WWF en plein cœur du port d'Anvers - © Tous droits réservés

Le Rapport international "Planète Vivante" du WWF existe depuis 20 ans. Une fois de plus, il tire la sonnette d’alarme. Nous avons perdu 60% de notre biodiversité depuis 1970 et nous risquons d’atteindre un déclin de 67% d'ici 2020. Parallèlement, il lance des pistes de solutions. Elles ne sont pas loin et souvent juste à côté de chez nous, comme dans le port d’Anvers.

Les scientifiques parlent de la sixième extinction de masse (la précédente était celle des dinosaures). Ils la surnomment "l’anthropocène" puisque cette fois, elle est causée par l'homme et ses activités économiques : agriculture, industrie, déforestation, exploitations minières. C’est la première fois dans l’histoire de la Terre qu’une seule et même espèce, l’Homo sapiens, a un impact aussi puissant sur la planète.

L’explosion démographique et la croissance économique entraînent des changements planétaires sans précédent en raison de la demande accrue en énergie, en terres et en eau.

Au cours de ces 50 dernières années, notre empreinte écologique, la mesure de ce que nous consommons en ressources naturelles, a augmenté d’environ 190%.

Zone de polders et de marécages

Les zones du monde particulièrement menacées sont les zones humides. 87% d’entre elles ont disparu. Un exemple en Belgique, le port d’Anvers et ses alentours. 

Autrefois, c’était une zone de polders et de marécages. Mais il n’en reste plus grand-chose. A perte de vue, aujourd’hui se dressent des murs de containers, des grues de déchargement et des entrepôts. Un peu plus loin, la centrale nucléaire de Doel reconnaissable à ses tours de refroidissement, déverse ses volutes épaisses de fumée. 

C’est pourtant au beau milieu du deuxième plus grand port d’Europe que se niche une réserve naturelle de 120 hectares. Des étangs et des roseraies gérés par Natuurpunt et financés par le WWF. Le Kuifeend, c’est son nom, abrite une faune et une flore inversement proportionnelle à sa taille. Près de 270 espèces d’oiseaux y ont été dénombrés. C’est un point d’arrêt salutaire pour les oiseaux migrateurs qui viennent du nord et descendent, pour certains, jusqu’au Sénégal en Afrique. L’été, on y observe notamment des guêpiers mais fin octobre, ce sont surtout les échassiers et les canards qui y abondent. Sarcelles d’hiver, tadornes de Belin, fuligules morillons, canards pilets, tiennent compagnie aux hérons cendrés et au grands ibis blancs. 

Mais cette réserve n’est pas seulement une aubaine pour sa faune et tout l’écosystème qu’elle abrite, elle est aussi une manière de capter l’eau douce de plus en plus rare en Flandres. Avec la bétonisation de ses sols, la Flandre voit le niveau de ses nappes phréatiques descendre dangereusement. Elle importe déjà son eau de Wallonie et d’Allemagne. Pas étonnant, dès lors, qu’elle pense à récréer des zones de nature à l’intérieur pourtant d’un tissu industriel très dense. 

Pour le WWF, pas de doute, continuer à gérer de manière non raisonnée notre planète ne conduit pas seulement à mettre en danger la faune et la flore qui nous entourent, cela conduit à nous mettre nous-même en danger. La nature n’est pas qu’un simple décor, nous en faisons partie intégrante. Si notre société croît et prospère c’est grâce à l’oxygène que nous respirons, l’eau que nous buvons, les aliments fournis par dame nature. 

Notre activité économique dépend en fin de compte des services fournis par la nature, ce qui fait de cette dernière une composante essentielle de la richesse d’une nation. 

À l’échelle mondiale, certains experts estiment que la nature fournit des services d’une valeur égale à environ 125.000 milliards de dollars (US) par an. Aujourd’hui, cette nature ne nous a pas encore réclamé le prix de tous ses services. Mais qui sait à l’avenir ? 

Reportage sur le rapport alarmant du WWF (JT 13h de ce 30/10):

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