Une première en Belgique: trois médecins aux assises pour ne pas avoir respecté les conditions d'une euthanasie

Une première en Belgique: trois médecins aux assises pour ne pas avoir respecté les conditions d'une euthanasie
Une première en Belgique: trois médecins aux assises pour ne pas avoir respecté les conditions d'une euthanasie - © Free image stock torange.biz

C'est une première dans notre pays. Trois médecins vont devoir répondre de l’empoisonnement de Tine Nys, âgée de 38 ans, il y a maintenant huit ans. Selon la chambre d'accusation de Gand, il semblerait que les conditions de la loi sur l'euthanasie n'aient pas été respectées. 

En avril 2010, Tine Nys, alors âgée de 38 ans, a obtenu une euthanasie fondée sur une souffrance psychologique sans espoir. Huit ans plus tard, les trois médecins - le médecin qui l’a pratiqué et les deux médecins de contrôle - devront répondre devant la cour d’assises. Ainsi en a décidé la chambre des mises en accusation de Gand. La qualification? L'empoisonnement. Selon l'acte d'accusation, il semblerait que les conditions de la loi sur l'euthanasie n'aient pas été respectées.

Une euthanasie digne d'un amateur

Il y a deux ans, les sœurs de Tine ont raconté leur histoire le magazine de la VRT "Terzake". Après toutes ces années, elles ont gardé de nombreuses questions sur le coeur. Selon ses soeurs, "La veille de Noël 2009, Tine a annoncé à son médecin généraliste qu'elle présenterait une demande d'euthanasie. Elle avait des antécédents psychiatriques, mais à ce moment-là, elle n'était plus en psychiatrie depuis quinze ans et elle n'avait pas reçu de traitement".

Pour obtenir l'euthanasie, trois médecins doivent donner leur autorisation. Mais selon les sœurs de Tine, les médecins n'ont échangé aucune information. "Pour une euthanasie basée sur la souffrance psychologique, une personne doit avoir une maladie mentale incurable. Tine n'avait pas ça."

À propos de l'exécution de l'euthanasie, les sœurs ont beaucoup de réserves. "Sa mort pouvait être comparée à celle d'un animal qui souffre et reçoit une seringue. Le médecin n'avait pas l'équipement nécessaire, le baxter avec le liquide mortel qu'il avait déposé à côté d'elle sur la chaise, alors qu'elle était sur le point de mourir, a éclaboussé son visage."

"Le médecin a également demandé à notre père de tenir l'aiguille dans son bras parce qu'il avait oublié les pansements. Il a ensuite demandé à nos parents d'écouter le stéthoscope pour vérifier que son cœur avait cessé de battre!"

Les trois médecins vont devoir répondre de cet acte d'euthanasie contesté devant un jury populaire.

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