Une passagère du Thalys Paris-Bruxelles déjoue une agression homophobe

Il s’appelle Thomas, elle Virginie et depuis 4 jours, ils ne se quittent plus. Leur rencontre remonte à lundi dernier à 21 heures, dans le Thalys qui relie Paris à Bruxelles. Thomas pose ses valises avant de sortir prendre un coup de fil.

Trois individus profitent de son absence pour l’injurier, le menacer. Assise sur son siège, Virginie entend tout : "Les deux hommes commencent à parler de Thomas en disant, 'c’est une erreur de la nature', 'que toutes celles comme lui devraient être supprimées', 'qu’elle va apprécier le comité d’accueil à Bruxelles'… Je me rend compte alors du danger et je me penche vers la banquette où se trouvent les deux hommes. Je vois l’un des deux écrire un SMS, 'il y a une "tarlouze" dans le train, on arrive à 22H30 à Bruxelles'…"

Peu après ce SMS, un des deux hommes en appelle un troisième qui est un peu plus loin dans le train en disant : "T’as vu il y a une place libre à coté de lui, il va passer un voyage d’enfer."

Après avoir vaincu sa peur, la passagère décide de s’interposer

Virginie prend alors peur et se dit de ne pas s’en mêler car cela peut dégénérer. Mais elle pense aussi à des amis homosexuels et aux nombreuses agressions dont certains sont victimes… Au final, après réflexion, la jeune femme décide de s’interposer en allant s’asseoir à coté de Thomas et du même coup éviter que l’un des trois hommes occupe la place libre.

"Je me suis assise sans que Thomas ne comprenne pourquoi je m’asseyais à coté de lui. Il n’avait pas du tout conscience de ce qui se passait puisqu’il était au téléphone lors des propos tenus. Après mon explication, il a pris peur et m’a dit qu’il préférait aller chercher le contrôleur afin qu’il s’arrange pour que la police soit présente sur le quai. Cette simple phrase formulée suffisamment fort pour être entendue a suffi pour que les trois énergumènes se dégonflent… Ils ont alors pris leur sac et sont partis ailleurs dans le train."

Un manque de réactivité des passagers qui interpelle

Des agents de Sécurail devaient en principe accueillir Thomas à la sortie du train. Pourtant à l’arrivée, personne ne s’est présenté. Fort heureusement les trois passagers ont filé sans plus se faire remarquer. Depuis, ce témoignage de Virginie fait le tour de la toile. Mais face au manque de réaction des autres passagers, la jeune femme reste amère : "Je trouve cela hallucinant d’avoir été la seule à réagir dans la mesure où plusieurs passagers ont pu entendre les menaces, ils n’étaient pas discrets, et naïvement je me suis dit si une personne réagit, les autres vont suivre ! Et bien non, à part moi personne n’a bougé."

Le témoignage de Virginie, partagé sur Facebook :

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