Une nouvelle thérapie cellulaire pour lutter contre une leucémie de l'adulte

Un patient atteint de leucémie "myeloïde aigüe", le cancer du sang et de la moelle osseuse le plus courant chez l'adulte, est aujourd'hui en rémission totale grâce à une nouvelle thérapie cellulaire très prometteuse.

Le patient avait subi deux chimiothérapies sans succès, son cas semblait désespéré, il participait à un test clinique mené par une petite entreprise de biotechnologie belge implantée à Mont-Saint-Guibert dans le Brabant wallon.

Un patient en train de mourir est en rémission

Depuis quatre mois en rémission totale de sa maladie, ce patient américain croit vivre un rêve. Dès la première dose de son traitement du test clinique, il a répondu au-delà de toutes les espérances. Christian Homsy, le CEO de Célyad, qui a mis au point ce traitement, parle de première mondiale.

"C'était un patient en bout de course, et nous avons réussi avec le traitement que nous expérimentons dans cette étude clinique, à obtenir ce que nous appelons une rémission complète, c'est-à-dire, plus aucune cellule tumorale dans la moelle osseuse et le sang du patient, précise-t-il. Le fait d'avoir une réponse comme celle-là sur un patient qui n'avait plus d'autre option, qui était en train de mourir, est réellement pionnier dans le domaine.

Moins d'effets secondaires que les chimiothérapies

La nouvelle thérapie, en question, c'est la thérapie cellulaire génique. On utilise en fait, des globules blancs du patient lui-même. Des lymphocytes T. Des scientifiques vont alors les reprogrammer génétiquement en laboratoire pour qu'ils reconnaissent les cellules de la tumeur et qu'ils les attaquent sans toucher aux cellules saines.

Les effets secondaires seraient moins importants que ceux des chimiothérapies utilisées jusqu'ici pour soigner cette leucémie.

Résultats prometteurs à confirmer

L'avancée est prometteuse, mais il ne faut pas crier victoire trop vite, selon le docteur Xavier Poiré, hématologue spécialisé dans les cancers du sang aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Pour lui, il y a rémission mais pas encore guérison.

"Pour qu'il y ait guérison, il faut qu'il y ait absence de rechute et on parle de cela avec un certain recul, commente-t-il. Il faut de un à deux ans avant qu'on ne puisse parler de guérison. Ici, on a une rémission, c'est un patient isolé, c'est difficile de tirer des conclusions. Donc, cela reste prometteur (...), mais il faut rester prudent sur les résultats que l'on pourra obtenir sur 10, 100 ou 500 patients."

En Europe, 20 000 personnes touchées par la maladie

La maladie touche près de 20 000 personnes en Europe et autant aux États-Unis. L'étude se poursuit.

La petite société de biotechnologie belge évalue aussi l'efficacité et la sécurité du même type de traitement pour 7 autres cancers, comme celui du sein, des ovaires, du pancréas ou du colon où l'on a obtenu une stabilisation de la tumeur.

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