Un virus transmis par un acarien tuerait des millions d'abeilles

Des abeilles retrouvées mortes près de leur ruche
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Des abeilles retrouvées mortes près de leur ruche - © Frank Perry (AFP)

Un virus très contagieux, transmis par l'acarien parasite "Varroa", contribuerait à la propagation et probablement à la mort de millions d'abeilles dans le monde, selon des chercheurs américains et britanniques dont les travaux ont été publiés jeudi aux Etats-Unis.

Cet acarien qui se nourrit du sang des abeilles au stade larvaire ou adulte, perce leur peau et déforme leurs ailes.

Les abeilles jouent un rôle essentiel pour la pollinisation de plusieurs récoltes de fruits et légumes aux Etats-Unis estimées de 15 à 20 milliards de dollars annuellement. Partout dans le monde, ce rôle pollinisateur des abeilles est indispensable à la survie des récoltes.

Cette dernière recherche, qui paraît dans la revue américaine Science datée du 8 juin, a été menée à Hawaï par des chercheurs de l'Université de Sheffield (GB), de la "Marine Biological Association" et de l'Université de Hawaï.

L'étude montre que ce pathogène viral a accru sa fréquence parmi les abeilles dans les ruches de 10% à 100%.

Ce changement s'est accompagné par une augmentation d'un million de fois du nombre de particules du virus infectant les abeilles entre elles accompagné d'une énorme diminution de la diversité virale qui a conduit à l'émergence d'une seule souche très virulente de ce pathogène.

Un fois que cette nouvelle souche virale s'établira à Hawaï longtemps épargnée, une nouvelle situation virale émergera qui reflétera ce qui se passe dans le reste du monde où l'acarien Varroa est déjà établi.

Et la capacité de cette mite à bouleverser de façon permanente l'environnement viral des abeilles domestiques pourrait être un facteur dans le phénomène, aux origines toujours mystérieuses, dt de "colony collapse disorder" ou CCD observé depuis 2005, marqué par la disparition soudaine dans les ruches de millions d'abeilles adultes.

Ce phénomène s'est produit aux Etats-Unis, en Europe et ailleurs dans le monde

Le CCD et les pertes excessives d'abeilles durant l'hiver pourraient ainsi s'expliquer par cette nouvelle souche de ce virus qui subsiste dans le corps des abeilles même après avoir retiré les acariens.

Le Varroa (1,5mm x1mm) vit sur la peau des abeilles, s'y reproduit et se nourrit de leur sang.

L'arrivée et la propagation de cet acarien sur l'ensemble des îles hawaïennes a offert une occasion unique en 2009 et 2010 de traquer les changement dans l'évolution de l'environnement viral de ces abeilles.

Le Varroa facilite la dissémination des virus en agissant comme un réservoir viral et un incubateur.

Les auteurs de l'étude notent toutefois que quatre des virus souvent liés à la disparition soudaine des abeilles dans les ruches n'ont pas été véhiculés par le Varroa à Hawaii.

Cette nouvelle souche virale se transmet naturellement entre abeilles via leur nourriture ou au moment de se reproduire.

Mais les acariens font pénétrer ce pathogène directement dans le sang des abeilles quand elles se nourrissent créant une nouvelle voie de transmission en évitant nombre de protections naturelles de l'abeille, précisent ces chercheurs.

Ce virus qui compte seulement neuf gène est similaire dans sa structure au virus responsable de la polio chez l'humain.

Le virus infecte de nombreuses abeilles qui montrent des difformités classiques de leurs ailes. Mais la vaste majorité des abeilles infectées n'ont aucun signe morphologiques d'une infection.

La souche virale dominante trouvée dans les grandes îles d'Hawaï est identique à celle trouvée dans d'autres régions du monde indiquant que la situation à Hawaï est un miroir de ce qui s'est passé partout dans sur le globe.

AFP

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