Une méthode pionnière dans le diagnostic du cancer du poumon fait ses preuves à l'hôpital Erasme à Bruxelles

Aux Cliniques universitaires Erasme de Bruxelles, les pneumologues utilisent à présent une méthode pionnière afin de diagnostiquer le cancer du poumon. Par le passé, les dépistages se limitaient souvent à un scanner suivi de procédés diagnostiques invasifs. Aujourd'hui, une nouvelle méthode fait désormais ses preuves. Elle combine diagnostic et potentielle intervention chirurgicale dans le même temps. 

Depuis cet été, deux personnes ont pu bénéficier de cette pratique. Gudrun est l'une d'entre elles. Il y a quelques mois, un scanner dévoile des ombres au niveau du poumon droit de cette ancienne fumeuse de 75 ans. Elle a ensuite été soumise à cette nouvelle technique de diagnostic, immédiatement suivie d’une opération. "Evidemment, il faut le temps que le poumon se reforme pour pouvoir respirer normalement. J'ai encore quelques difficultés pour respirer mais c'est vraiment un miracle de la chirurgie", explique Gudrun.

Pas d'intervention lourde

Comment cela se passait-il avant? Un dépistage dévoilait des ombres, des masses suspectes au niveau du, ou des poumons. Mais rien ne permet de diagnostiquer l'aspect cancéreux de ces masses (ces nodules), si ce n'est différentes méthodes de prélèvement, plus ou moins invasives. Parmi ces méthodes, l'endoscopie bronchique.

"Il s’agit de prélever un fragment de nodule afin de l’analyser en laboratoire". Une mini caméra équipée d'instruments de prélèvement inspecte alors les bronches en passant par la trachée. "Mais cette technique n’est réellement efficace que pour les nodules de plus de 2 centimètres de diamètre", poursuit le Professeur Dimitri Leduc, chef du service de pneumologie à l'hôpital Erasme. D'autant que par le passé, cette caméra se retrouvait vite bloquée à l'entrée des bronches les plus étroites, vu sa taille. 

"Pour les nodules de très petite taille, nous avons maintenant recours à ce qu’on appelle la navigation électromagnétique endobronchique. Et c’est précisément l’évolution de cette technique qui permet une nette amélioration de la prise en charge de nos patients". Qu'est-ce que cela veut-il dire? 

Tracer le nodule, grâce à un "GPS"

Quand la caméra se retrouve incapable d'aller plus loin dans les bronches, un instrument plus fin dépourvu de caméra, mais équipé d'instruments de prélèvement continue sa route vers l'extérieur des poumons, là où se cachent habituellement les nodules. Sans caméra, le pneumologue ne "voit" plus sa route. C'est là que la navigation électromagnétique endobronchique prend le relais. Grâce à une balise placée à l'extrémité de ce nouvel instrument, il est alors possible de naviguer dans les bronches, en suivant les chemins indiqués par une reconstruction 3D des poumons, sur écran. 

D'une pierre, deux coups

Une fois arrivé au nodule, le pneumologue effectue un prélèvement qui sera immédiatement analysé. "On propose ensuite au patient une approche chirurgicale - et donc un enlèvement d'une partie du poumon assez importante - que dans les cas où ce sera vraiment indispensable. Dans les cas où ça ne le sera pas, il n'y aura pas de résection large du poumon," explique Dimitri Leduc. "Et ça nous semble être un élément intéressant et important."

Cette technique combinée permet de réaliser en un seul temps opératoire des actes diagnostiques et thérapeutiques moins invasifs que les techniques traditionnelles. "Le patient bénéficie à la fois d’une prise en charge et d’une récupération plus rapides", conclut Dimitri Leduc.

Il s'agit d'une avancée certaine qui, on nous le confirme, coûtera plus cher qu’un diagnostic classique. L'hôpital Erasme précise que la majoration est entièrement prise à sa charge. 

 

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