Une maison en paille bien différente de celle des "Trois petits cochons"

Un maison de paille où on ne voit pas, ou si peu, de trace de la paille. Cette maison est l'oeuvre de Sébastien Hubert qui a voulu une habitation qui sort de l'ordinaire. Après des mois de recherches et de préparation, cet informaticien a décidé, avec sa femme Jessica, de se lancer dans la l'autoconstruction dans la commune de Silly, le tout en utilisant un festival de matériaux écologiques. Deux ans plus tard, les dernières touches sont apportées avec un bilan énergétique et financier défiant les habitations plus classiques.

Sébastien a tout utilisé: du liège, de la laine de moutons, des enduits réalisés avec la terre de son propre jardin et évidemment des ballots de paille "d'un fermier du coin" pour construire des murs à partir d'une ossature en bois. A chaque matériau, sa place: "Tout ne convient pas partout, explique-t-il. Je ne peux pas utiliser de la paille dans mon garage car les murs seraient trop épais. ce n'est pas nécessaire donc là j'utilise de la fibre de cellulose qui est largement suffisante". Point par point, pièce par pièce, le couple a peaufiné son projet dans les moindres détails et réussi, presque sans aide extérieure, à réaliser une bâtisse de plus de 200m² qui ne consomme que l'équivalent de deux stères de bois annuellement "là où il en faut classiquement 12 à 15 dans une maison "normale" exclusivement chauffée au bois". 

Du temps contre de l'argent

L'autoconstruction a permis d'importante économies aussi. La maison a coûté 200 000 euros, une bouchée de pain pour une maison de cette surface proche des standards d'une maison passive: "Pour un projet équivalent, j'ai réussi à économiser 150 000 euros, se réjouit Sébastien. Mais il faut rester réaliste et voir l'ensemble du projet car en contrepartie, cela demande énormément d'investissement personnel et de temps".

Sébastien a été contraint de prendre un mi-temps pendant deux ans pour se consacrer aux travaux et a donc été contraint de combiner sa vie avec une nette diminution de revenus: "Il faut choisir. Soit on prend du temps et on fait quelques économies en le faisant soi-même et en prenant des matériaux qui auront une belle durée de vie, soit on paye beaucoup plus cher en le faisait construire par d'autres et là ça se réalise beaucoup plus vite".

Indépendance énergétique et d'esprit

Ce choix, c'est tout autant un souci économique que philosophique pour le couple: "Nous ne voulions pas une maison formatée comme les autres, justifie Jessica. Nous voulions devenir les plus indépendants possible en utilisant des matériaux locaux ou des sources d'énergies durables et disponibles comme la terre des fondations, le soleil ou l'eau de pluie". Le pari semble en tout cas réussi. Aujourd'hui, ils se félicitent d'un choix qui séduit de plus en plus: "Nous sommes bien loin des moqueries d'autrefois lorsqu'on évoque l'autoconstruction avec des isolants, des enduits, des structures plus écologiques, argumente Jean-François Rixen, secrétaire générale d'Ecoconso. Aujourd'hui, les gens rentrent dans ce type d'habitation et font plutôt "Waouw, comment puis-je faire pareil?"."

Le mythe de la maison en paille du conte "Les trois petits cochons" est bien loin. Ecoconso organise d'ailleurs encore un week-end portes ouvertes pour découvrir toutes ces initiatives et comprendre les choix de ceux qui ont fait le pas.

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