Une jeune anorexique en justice pour sa liberté

A 21 ans, Alice Cosyn pèse 35 kilos. Depuis cinq ans, elle voyage d'hôpital en hôpital pour soigner cette maladie qui la ronge depuis qu'elle a 11 ans. Mais il y a quelques mois, au moment où elle ne pesait plus que 29 kilos, un juge a décidé de l'enfermer contre son gré dans une aile psychiatrique pour raisons médicales.  Aujourd'hui, avec sa famille et ses avocats, elle demande à la justice qu'on la libère de ce qu'elle considère comme une prison. «Je veux rentrer chez mon père et me soigner à domicile», déclare-t-elle.

Attachée à son lit à l'hôpital

La jeune femme est particulièrement choquée d’avoir été attachée à son lit  pour l'empêcher de se faire du mal. Pourtant, les spécialistes de la santé confirment que les mesures de contrainte font partie de l'arsenal des médecins, en cas de danger imminent. Le professeur Vincent Lorant  de l’Institut de recherche Santé et Société de l’UCL, estime que la contention n’est ni banalisée ni utilisée de gaieté de cœur. «Mais on ne peut pas reprocher au personnel de la santé d’avoir mis cette loi en place dans une perspective de protection du patient et de la collectivité».

La loi est stricte et claire

Chaque année en Belgique, 6000 personnes sont placées en institution sur décision d'un juge. Dans ce cadre, et dans ce cas précis, les conditions édictées par la loi sont très strictes : la personne doit souffrir d'une maladie mentale, comme l'anorexie; elle représente un danger pour elle-même ou pour les autres, et l'internement est la seule alternative.

Aujourd'hui, Alice Cosyn affirme qu'elle commence à guérir, grâce au soutien de ses proches. Dans quelques jours, elle saura si elle peut aller vivre avec son père, sous l'étroite surveillance d'un médecin, d'un psychologue et d'un nutritionniste.

I.L. avec A. Mitea

 

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