Une expérience belge dans l'espace pour étudier l'agriculture lunaire

Sarah Baatout est la responsable du laboratoire de radiobiologie du SCK-CEN
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Sarah Baatout est la responsable du laboratoire de radiobiologie du SCK-CEN - © rdillen

Une agriculture sur la Lune est-elle possible à partir de ressources locales ? C'est ce que va tenter de découvrir le Centre d'étude de l'énergie nucléaire belge (SCK-CEN). Il va profiter du lancement de la fusée SPACE-X vers la Station spatiale européenne pour mener une expérience dans des conditions propres à l’espace. L’idée : étudier l’interaction entre certaines bactéries et une roche de type lunaire pour voir si une agriculture sur la Lune est possible à partir de ressources “locales”. Et ainsi permettre l’autonomie d’approvisionnement pour les missions spatiales de longue durée, ou un futur village lunaire. La mission s’appelle “BioRock” et décolle ce mercredi 24 juillet. Soit trois jours après les 50 ans des premiers pas de l’Homme sur la Lune.

BioRock” une source d’espoir pour le futur de la conquête spatiale

La conquête spatiale ne se poursuivra qu'à la condition de résoudre plusieurs défis majeurs. En ligne de mire : la protection contre les rayonnements cosmiques, les effets néfastes de l’apesanteur sur le corps… Mais aussi l’approvisionnement en eau, en oxygène et en nourriture pour les missions spatiales de longue durée. Pour des raisons logistiques et financières, il est en effet impossible d’emporter des réserves d’eau, d’oxygène ou de nourriture suffisantes.

Le principe de durabilité est crucial dans l’espace pour pouvoir y vivre”, à une condition “en utilisant les ressources locales. Recycler et réutiliser deviennent les maîtres-mots d’un voyage de longue durée dans l’espace”, explique Natalie Leys, responsable du laboratoire de microbiologie au SCK-CEN.

Et c’est pour creuser cette question que l’expérience "BioRock" a été mise sur pied.

Bactéries et roche lunaire, un futur terreau fertile ?

C’est via les propriétés de certaines bactéries que l’équipe de chercheurs du SCK-CEN pense apporter une solution.

Les bactéries sont potentiellement très intéressantes pour la Lune car elles permettent d’extraire de la roche lunaire un maximum d’ions qui pourront rendre le sol plus fertile. L’expérience BioRock permettra de comprendre comment ces bactéries réagissent en contact avec de la roche, dans des conditions proches de celles de la Lune". C’est ce qu’on appelle du “biominage”, à savoir : "L’extraction tout à fait naturelle et écologique, à l’aide de bactéries, d’ions et de nutriments contenus la roche”, détaille Sarah Baatout, la responsable du laboratoire de radiobiologie du SCK-CEN.

La bactérie observée de près est la “Cupriavidus metallidurans”. Elle est très résistante et a la capacité de se développer dans l’espace. De plus, elle a l’avantage d’avoir déjà été longuement étudiée par les chercheurs du SCK-CEN auparavant. La roche utilisée pour l’expérience est, elle, du basalte. Qu’on peut retrouver sur Terre comme sur la Lune. Si les résultats s’avèrent concluants, ce serait là une première étape importante vers la possibilité de fournir un terreau fertile pour l'agriculture lunaire. Avec des matériaux qu’on pourrait trouver localement dans un potentiel futur village sur la Lune. De quoi nourrir nos astronautes sur place.

Rien d'étonnant à ce que le SCK-CEN étudie l'espace depuis les années 60

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