Les anticorps contre le coronavirus pourraient ne pas durer : un frein à l'immunité, voire à un vaccin ?

Une étude réduit les espoirs d'un vaccin : les anticorps pourraient ne pas durer
Une étude réduit les espoirs d'un vaccin : les anticorps pourraient ne pas durer - © Marijan Murat - BELGAIMAGE

Une étude menée par des scientifiques de Munich (sud de l’Allemagne) suggère que les anticorps du nouveau coronavirus ne restent dans le corps que quelques mois, diminuant les espoirs d’un vaccin efficace ou d’une immunité à long terme.

Des tests réalisés sur des patients traités par la clinique Schwabing à Munich ont montré une chute significative du nombre d’anticorps dits neutralisants dans le corps, a expliqué un consultant du département des maladies infectieuses de l’hôpital, Clemens Wendtner.

"Chez quatre de nos neuf patients, nous avons constaté une baisse des anticorps neutralisants lors d’un test spécial qui ne peut être mené que dans un laboratoire de haute sécurité", a-t-il ajouté.

"L’impact sur l’immunité à long terme et les stratégies de vaccination restent spéculatifs mais cela doit être surveillé", a-t-il poursuivi.

Les résultats peuvent faire craindre que les patients guéris pourraient être à nouveau infectés par le Covid-19, même si d’autres tests doivent encore le confirmer.

D’autres systèmes de protection ?

Attention aux conclusions hâtives ; toutefois : il y aurait peut-être des mécanismes de défenses immunitaires qui ne passeraient pas par une production d’anticorps. Et puis, ces anticorps ne resteraient pas nécessairement longtemps chez tout le monde après l’infection. Enfin, un certain nombre de personnes semblent être protégées sans avoir nécessairement produit les fameux anticorps.

Pour Marius Gilbert, ce sont justement ces inconnues qui vont déterminer le risque auquel nous allons être exposés dans les prochaines semaines ou les prochains mois. On ne connaît toujours pas tous les facteurs qui pourraient empêcher une reprise de la transmission.

"Il y aurait par exemple, une réaction de l’organisme qui passerait par les lymphocytes T. Une certaine protection dont on n’évalue pas très bien l’étendue. C’est une autre inconnue pour le moment. De récents travaux publiés récemment montrent aussi que même chez des patients qui ont fait une forme bénigne de la maladie, on a trouvé des anticorps" nous rappelle le scientifique.

Surtout chez les asymptomatiques

Les conclusions de M. Wendtner concordent avec d’autres études dans le monde.

Des chercheurs chinois avaient rapporté dans la revue Nature que la présence d’anticorps au coronavirus dans le sang diminuait fortement après deux mois. C’est surtout le cas pour les patients asymptomatiques, qui ont produit moins d’anticorps et une réponse immunitaire plus faible.

 

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