Une étoile "zombie" bouscule ce que l'on pensait savoir des supernovae

iPTF14hls pourrait être le premier exemple connu de "supernova par production de paires".
iPTF14hls pourrait être le premier exemple connu de "supernova par production de paires". - © ESO/M. Kornmesser

"Chaque supernova jusqu'ici observée a toujours été considérée comme l'explosion finale d'une étoile", autrement dit le dernier puissant rayonnement avant sa disparition. Une étude publiée ce jeudi dans la revue scientifique Nature "remet en question tout ce que l'on pensait savoir du fonctionnement" des supernovae. 

Et pour cause : une équipe d'astronomes internationale a découvert une étoile qui semblait ne cesser de ressusciter, une étoile que beaucoup ont qualifié de "zombie".

iPTF14hls, l'étoile qui a survécu à cinq supernovae

Répondant au doux nom de "iPTF14hls", cette étoile située à un milliard d'années-lumière de la Terre a, depuis 1954, "survécu non pas à une, mais bien à cinq explosions différentes", écrit la BBC. Et la dernière explosion, observée en septembre 2014, pourrait bien lui avoir finalement été fatale.

"Quand les étoiles explosent à la fin de leur vie, elles peuvent briller avec une luminosité équivalente à 100 millions de soleil durant trois mois ou plus, avant de disparaître dans l'obscurité", explique The Guardian.

Or, cette dernière supernova a brillé durant... plus de deux ans, avec une luminosité qui a varié à cinq reprises.

"Une chose que nous pouvons dire en observant les supernovae, c'est depuis quand l'étoile a explosé, explique Iair Arcavi, astronome à l'Observatoire de Las Cumbres en Californie (États-Unis), cité par The Guardian. Ce qui est étrange, c'est que, même deux ans plus tard, celle-ci apparaissait comme une supernova d'à peine deux mois."

La masse d'au moins 100 soleils ?

iPTF14hls pourrait être le premier exemple connu de "supernova par production de paires", une théorie selon laquelle les étoiles dont la masse atteint celle d'au moins 100 soleils pourraient ainsi exploser plusieurs fois avant de mourir, "chaque explosion projetant d'importantes quantités de matière dans l'espace" et produisant un important rayonnement.

"Selon cette théorie, il est possible que ce soit le résultat d'une étoile si massive et si chaude qu'elle a généré de l'antimatière dans son noyau", commente auprès de la BBC Daniel Kasen, de l'Université de Californie à Berkeley, co-auteur de l'étude. "L'étoile deviendrait ainsi violemment instable et subirait des éruptions lumineuses répétées sur plusieurs années."

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