Une équipe de l'ULB découvre un trésor inca dans le lac Titicaca

Les fouilles subaquatiques au Lac Titicaca
Les fouilles subaquatiques au Lac Titicaca - © cdelaere@ulb.ac.be

L’archéologue Christophe Delaere (FNRS, CReA Patrimoine, Université libre de Bruxelles) et son équipe de plongeurs ont mis au jour des dépôts d’offrandes précolombiennes dans les eaux du Lac Titicaca en Bolivie. Datées de plusieurs périodes successives, notamment Inca et Tiahuanaco, elles comprennent des céramiques intactes associées à des objets en or et en matières précieuses.

Cette découverte inédite filmée au jour le jour fait l’objet d’un documentaire qui sera présenté prochainement. Archéologues et plongeurs, deux formations essentielles pour fouiller dans les eaux du Lac Titicaca en Bolivie. C'était cet été, l'équipe était emmenée par Christophe Delaere, chercheur à l' Université libre de Bruxelles. Le champ de fouilles est au pied du récif de Khoa, proche de l’Ile du Soleil. Le site subaquatique a été détecté en 1977 il avait été superficiellement exploré, mais était réputé pour la qualité de son matériel inca (15e-16e siècle).

Les archéologues-plongeurs ont méthodiquement décapé les différentes couches du fond de la lagune lors de deux sondages. Scellées par un mètre de sédiments et d’éboulis, des "urnes" en céramique de la période Tiahuanaco (6e-11e siècle) ont été découvertes. A côté, un vaste dépôt d'objets composé de macrofaune, fibres végétales, cuir, pierres semi-précieuses, objets en or et en alliages, ancre et fragments de charbon de bois.

2500 objets

En analysant finement ce  mobilier, il apparaît clairement que  les Indiens ont volontairement déposés ces pièces sous l'eau. Avec un total de près de 2500 objets et fragments, ces découvertes documentent non seulement une pratique rituelle méconnue d’offrandes au lac pour certaines périodes d’occupation, mais fournissent également de précieuses informations sur la transmission orale du savoir en Bolivie.

Le patrimoine du bassin lagunaire a été régulièrement pillé jusqu’au 19e siècle et une partie de ce patrimoine disparu, détruit ou oublié, a donc été redécouvert dans des conditions de conservation idéale.

La présence de coquillages importés du littoral Pacifique équatorial et de lapis-lazuli du Chili dans les eaux du Titicaca montre l’importance et la complexité des échanges régionaux et continentaux entretenus durant les périodes pré-inca. La découverte de nombreux objets en or et alliages atteste, quant à elle, et au-delà du caractère exceptionnel du matériau, d’une maîtrise achevée de la métallurgie, totalement inconnue jusqu’ici dans la région pour certaines périodes.

Françoise Baré

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