Auderghem: un contrôle anti-drogues avant le voyage scolaire?

Une école bruxelloise annonce un contrôle anti-drogues avant un séjour linguistique
Une école bruxelloise annonce un contrôle anti-drogues avant un séjour linguistique - © Tous droits réservés

Un contrôle de police organisé à la demande de la direction de l’école : c'est ce que les élèves de cinquième secondaire de l'Athénée Royal d'Auderghem s'attendaient à devoir subir, ce lundi matin, à l’occasion de leur départ en voyage linguistique en Angleterre. Le contrôle n'a finalement pas eu lieu. Mais la procédure a suscité un débat au sein de l'établissement et chez les parents d'élèves.

La démarche entreprise pour lutter contre la consommation de drogue divise les parents depuis la semaine dernière, lorsque les élèves ont été avertis. "Toutes les classes de cinquième ont été réunies, explique Laurent Welcomme, le père d'un élève. On leur a expliqué qu’un contrôle de police aurait lieu lundi matin et que ce contrôle se ferait avec fouille et chien."

La direction de l’Athénée Royal d’Auderghem explique aujourd'hui qu'elle savait que des élèves comptaient emmener du cannabis. Elle affirme qu'elle voulait surtout les en dissuader, en évoquant la possibilité d'un contrôle. Mais elle admet malgré tout avoir informé la zone de police locale du départ des cars.

Un message éducatif inapproprié?

"Est-ce que le rôle de l’école est d’appuyer les systèmes de répression?, interroge Laurent Welcomme. Moi j’estime que c’est un sanctuaire, que s’il y a bien un endroit où on peut débattre des dépendances, et toutes les dépendances, que ce soit dépendance aux stupéfiants, aux drogues, à la nourriture, aux GSM ou aux jeux vidéo, l’école est effectivement un lieu adéquat pour ça. Or, ici, on a l’impression d’être revenu dans les années 80. C’est absolument incroyable".

Un avis que partage Nico Hirtt, cofondateur de l'Aped, l'Appel pour une école démocratique. "Si on appelle la police pour faire des fouilles préventives, on donne aux élèves un message selon lequel l’usage de drogues serait aussi grave qu’un vol à l’étalage, qu’une prise d’otage ou que sais-je. On justifie alors un recours à la police plutôt que des mesures disciplinaires internes à l’établissement, et cela me semble assez dangereux", juge Nico Hirt qui parle d’un message éducatif inapproprié.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK