Une docteure belge multiplie les arguments non scientifiques pour interpeller sur les risques des vaccins contre le Covid-19

Une docteure belge met en garde sur les effets secondaires liés à la vaccination contre le Covid-19 et témoigne d’observations qu’elle aurait faites par elle-même auprès de sa patientèle. Elle indique voir "énormément d’effets secondaires", notamment des modifications des cycles menstruels chez les femmes mais aussi des AVC ou des zonas. Pour la Dr Cécile Andri, les individus vaccinés ne sont pas du tout protégés et sont "tout aussi contagieux" que les vaccinés. Elle recommande également certains traitements qui ne sont pas reconnus comme étant efficaces contre le Covid-19. La plupart des éléments contenus dans ses propos ne collent pas avec l’état actuel des connaissances scientifiques sur le coronavirus.


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Sur les réseaux sociaux comme Instagram ou Twitter, l’interview d’une docteure belge a été vue des dizaines de milliers de fois. Dans cette vidéo, une médecin belge s’exprime au sujet des effets secondaires des vaccins anti Covid-19 et explique à ses deux interlocuteurs qui l’interrogent et la filment, visiblement à l’aide de leur smartphone, que selon son expérience de terrain à son cabinet, la vaccination contre le Covid-19 représente une "perte de liberté" pour la population. Elle estime également qu’avec la vaccination des "jeunes qui vont rentrer à l’école", la situation "va être catastrophique".


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Qui est le Dr Andri ? Et quelle valeur scientifique faut-il accorder à certains de ses propos les plus marquants contenus dans la vidéo ?

Qui est la docteure Céline Andri ?

Pour connaître la légitimité de l’intervenante, nous avons recherché qui était la personne qui était interrogée dans la vidéo qui circule, car son nom n’est cité à aucun moment dans les extraits diffusés. Il s’agit en fait de la docteure Cécile Andri. Elle a déjà été interviewée par la RTBF en avril 2020 suite à la non-réception de tests sérologiques effectués par ses soins et envoyés aux laboratoires privés avec lesquels elle a l’habitude de travailler. En effet, elle dénonçait le fait que des blocages administratifs et logistiques auraient dissuadé les laboratoires d’effectuer ces tests sérologiques.

En quelques clics sur le Web, il apparaît qu’elle est médecin spécialisée en "médecine esthétique, médecine nutritionnelle, médecine anti-âge" et qu’elle pratique à Lasne. Il ne s’agit donc clairement pas d’une virologue, d’une infectiologue, d’une immunologiste ou d’une épidémiologiste, ces experts qui ont fait une spécialisation et étudié les virus ou la façon dont ils se propagent, ce qui leur permet d’avoir un regard pointu sur la pandémie de coronavirus. Ce n’est pas son cas.

Interrogée par la RTBF, Cécile Andri (qui doit l’essentiel de sa visibilité sur la toile à son activité liée à l’esthétique) indique qu’elle pratique également la médecine générale et qu’elle base ses déclarations sur les échanges qu’elle entretient avec ses patients. Sur son compte Facebook, la médecin ne cache par ailleurs pas sa position anti-vaccin.

Quel est le contexte de ces déclarations ?

La docteure Andri explique que cette vidéo postée sur les réseaux sociaux a été réalisée dans le contexte d’une marche pour la liberté thérapeutique des soignants à Bruxelles. Comme elle estimait qu’il y avait peu de médecins sur place, elle a souhaité s’exprimer et l’une de ses connaissances l’a filmée. On entend également une autre voix féminine, qui accompagnait cette personne. Ce n’est donc pas un média reconnu qui l’a interrogée, mais des citoyens adhérant à la même cause que la Dr Andri.

Ce sont surtout les jeunes qui font des effets secondaires ?

Dr Andri : "Je vois énormément d’effets secondaires, surtout récemment, parce que maintenant, on a des plus jeunes qui se font vacciner. Et ce sont surtout les jeunes qui vont faire des effets secondaires parce qu’ils ont un système immunitaire beaucoup plus réactif".

Il est vrai que si vous êtes jeune avec un système immunitaire en bon état, vous pouvez faire une réaction au site d’injection un peu plus intense, éventuellement avec de la fièvre. C’est plutôt le signe que votre immunité est bonne et que vous allez faire de bons anticorps. C’est en fait ce que l’on demande à un vaccin. Il n’y a là rien de dramatique, comme c’est affirmé dans cette vidéo.

40 à 45% des personnes vaccinées font-elles des effets secondaires ?

Dr Andri : "Je dirais 40-45% des patients vaccinés ont des effets secondaires".

Comme pour tout médicament, les effets secondaires des vaccins existent. Cependant, on ne peut pas mettre sur le même pied une douleur au site d’injection, de la fatigue, de la fièvre,  des douleurs musculaires ou des maux de tête (fréquents avec les vaccins) et des effets qui, eux, sont exceptionnels et bien documentés comme les thromboses veineuses ou les myocardites (inflammation du cœur). Les effets secondaires les plus fréquents, détaillés par type de vaccin contre le Covid-19 sont recensés ici.

À la date du 24 août 2021, en Belgique :

  • 8.348.473 personnes avaient reçu au moins une dose d’un vaccin contre le Covid-19
  • 27.691 rapports d’effets indésirables ont été notifiés en ligne.

Ceci représente un taux de signalement de 0,33%. Le chiffre de 45% d’effets secondaires rapportés par le Dr Andri ne repose donc sur aucune source fiable, ce qui est typique des affirmations basées sur l’observation de quelques patients et ne relève pas d'une démarche scientifique. Cette affirmation crée, par ailleurs, volontairement l’amalgame entre effets indésirables habituels bénins et effets graves, minoritaires.

Bien entendu, toutes les personnes vaccinées ne rapportent pas nécessairement ces effets indésirables. Mais les effets les plus graves qui nécessitent une prise en charge médicale sont soigneusement suivis et signalés également à l’Agence européenne des Médicaments. C’est son Comité PRAC, Pharmacovigilance Risk Assessment Committee, qui est responsable de la surveillance de la sécurité des médicaments, dont les vaccins font partie.

La base de données européenne EudraVigilance recense les effets secondaires suspectés, c’est-à-dire des événements médicaux qui ont été observés suite à l’utilisation d’un médicament, mais qui ne sont pas nécessairement liés ou causés par le médicament. Ces données incluent tous les effets rapportés pour les différents vaccins contre le Covid-19 approuvés en Europe, le Comirnaty (Pfizer-BioNtech), le Spikevax (Moderna), le Vaxzevria (AstraZeneca) et le Ad26.COV2.S (Johnson & Johnson, Janssen).


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Dans cette base de données EudraVigilance, il y a eu 10.869 notifications belges d’effets indésirables dont 202 signalent un décès. Cependant, l’AFMPS précise que "le fait que les décès rapportés n’ont pas présenté un tableau clinique commun est un élément plutôt rassurant, de même que le fait que les décès survenaient après un délai variable. L’évaluation des cas de décès a aussi pris en considération les troubles ou manifestations cliniques antérieures à la vaccination et l’évolution naturelle de ces conditions préexistantes, ainsi que l’état général du patient. Dans plusieurs rapports de décès, le notificateur déclare que la vaccination n’est probablement pas à suspecter et que le décès est signalé dans un souci d’exhaustivité".


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Seuls quatre décès qui ont eu lien en Belgique sont actuellement considérés comme probablement liés au vaccin. Il s’agit d’un cas de syndrome d’hyperperméabilité capillaire et d’un cas de thrombocytopénie immunitaire (chute de plaquettes sanguines) probablement liés à la vaccination avec Vaxzevria (AstraZeneca). Les deux autres décès sont consécutifs à un syndrome associant une thrombose et une thrombocytopénie. Ils sont survenus après une vaccination par le vaccin Janssen et par le Vaxzevria (AstraZeneca). Il s’agit d’effets indésirables très rares et maintenant connus.

Des effets secondaires comme : la perturbation du cycle menstruel, des zonas ou des AVC sont-ils fréquents ?

Dr Andri : "[…] Et puis des arrêts de règles chez des jeunes filles qui n’avaient aucun problème. Ou bien d'autres personnes plus âgées qui étaient ménopausées, qui recommencent à avoir leurs règles ou des femmes qui ont des hémorragies. J’ai aussi des AVC. Deux AVC. Certains médecins connus ont aussi fait aussi un AVC".

Les vaccins contre le Covid-19 peuvent-ils perturber le cycle menstruel ? Cette question continue à être examinée par l’Agence européenne des Médicaments, suite à des témoignages de jeunes femmes rapportant des modifications de leurs règles. Mais elle estime à ce stade "qu’aucun lien de causalité n’a pu être établi entre les vaccins contre le Covid-19 et les dérèglements menstruels. Les troubles menstruels sont très fréquents dans la population générale et peuvent se produire sans raison médicale sous-jacente. Les causes peuvent varier, du stress à la fatigue, à des raisons comme les fibromes ou l’endométriose." Un simple stress peut provoquer un retard de règles, un départ en vacances, la période des examens.

Par contre, aucun signalement de retour de règles chez des femmes ménopausées n’a été retrouvé, ni à l’Agence européenne des Médicaments, ni chez 13 gynécologues interrogés au CHU Saint-Pierre.

Il est conseillé aux femmes qui subissent des saignements vaginaux inattendus, comme les femmes ménopausées, ou qui vivent des perturbations menstruelles sévères ou prolongées, de consulter un médecin pour avis.

Et les AVC ?

"C’est faux", répond le Dr Nicolas Dauby, infectiologue au CHU Saint-Pierre. "Au contraire, il y a bien plus d’hémorragies cérébrales associées avec le Covid qu’avec la vaccination." En attestent plusieurs études récentes réalisées sur des millions de personnes vaccinées dans la vie réelle. L’une conclut que "des risques accrus d’événements hématologiques et vasculaires qui ont conduit à une hospitalisation ou à un décès ont été observés pendant de courts intervalles de temps après les premières doses des vaccins" (de Pfizer ou AstraZeneca). Mais que "les risques de la plupart de ces événements étaient sensiblement plus élevés et plus prolongés après l’infection par le SRAS-CoV-2, qu’après la vaccination dans la même population". Le risque d’avoir un accident vasculaire cérébral est ainsi onze fois plus élevé chez les personnes atteintes par le virus que chez les personnes vaccinées avec Pfizer.

Dr Andri : "J’ai aussi des zonas. Ils sont beaucoup plus fragiles, (ça veut dire)… Un Zona, ça veut dire que le système immunitaire est beaucoup plus affaibli, sinon on ne fait pas un zona".

Oui, des cas plus fréquents de zonas ont été documentés avec les vaccins à ARN messager. Mais contrairement à ce qu’affirme la Dr Andri, ce n’est pas à cause d’une diminution de l’immunité mais probablement à une réaction inflammatoire locale (ganglion dans lequel le virus de la varicelle est endormi, et se réveille), explique Nicolas Dauby, infectiologue au CHU Saint-Pierre. Un article récent recense et analyse une série de cas de zonas chez des patients atteints de maladies rhumatismales inflammatoires auto-immunes, traités avec immunosuppresseurs et vaccinés avec un vaccin à ARN messager (Comirnaty, de Pfizer-BioNtech). Il s’agit donc de cas rares déjà décrits et bien spécifiques.

Y a-t-il un lien entre groupe sanguin et risques d’avoir des effets secondaires ?

Dr Andri : "C’est la même chose pour à peu près tous les vaccins. Il y aurait une exception avec les groupes sanguins. Certains groupes sanguins échapperaient à une partie des effets secondaires".

Aucun effet spécifique à certains groupes sanguins n’a été démontré ni pour les vaccins contre le Covid-19, ni pour aucun vaccin. Cette affirmation ne repose sur aucune base scientifique actuelle.

Être vacciné ne veut pas dire être protégé, est-ce exact ?

Dr Andri : "Alors 'vacciné', ne veut pas dire du tout être protégé, puisque maintenant on voit arriver des patients qui étaient doublement vaccinés et qui font un Covid. J’en ai eu trois la semaine passée, sur une semaine... c’est un peu effrayant".

Il est possible d’être à nouveau infecté en étant vacciné. En effet, le vaccin n’empêche pas totalement la transmission du virus. En revanche, la vaccination protège contre l’infection et contre les formes sévères qui mènent souvent à des hospitalisations et protège très bien des décès. Même avec le variant delta, plus contagieux, les vaccins restent efficaces. 

D’après le dernier bulletin hebdomadaire de l’institut de santé publique Sciensano, au 22 août 2021, on recensait 265,62 cas d’infection par 100.000 habitants pour la population non-vaccinée contre 44,98 pour 100.000 pour la population "totalement immunisée" (nombre de doses du vaccin prévues reçues plus délai suivant la dernière dose pour une efficacité optimale). Le risque d’infection au cours de la semaine du 16 août au 22 août 2021 a donc été réduit de 83,07% chez les personnes "totalement immunisées" par rapport aux personnes non-vaccinées.

Toujours d’après Sciensano, seules 0,2% des personnes totalement vaccinées ont été infectées par le coronavirus. En outre, les personnes "totalement immunisées" ne représentent que 2,8% des admissions à l’hôpital liées au Covid-19 depuis le 1er janvier. À noter, par ailleurs, qu’une grande partie de la population n’était pas vaccinée au cours du premier semestre 2021. "Ce qui montre que les personnes entièrement vaccinées sont toujours bien protégées aujourd’hui", souligne Muriel Moser, immunologue à l’ULB. À l'exception des immunodéprimés.

Si on regarde les personnes hospitalisées actuellement en Belgique avec un Covid sévère, ce sont dans l’immense majorité des personnes non vaccinées.

À noter toutefois, comme le précise Michel Goldman, immunologue: "À mesure que la vaccination progresse et que l'immunité post-vaccinale s'affaiblit, le pourcentage d'infections survenant chez des complètement vaccinés va augmenter; la plupart seront bénignes mais pas toutes, en particulièrement celles touchant les seniors avec co-morbidité"

Se soigner avec de la vitamine D, du zinc, de l’ivermectine ou de l’azithromycine contre le Covid est-il efficace ?

Dr Andri conseille aux patients atteints de Covid "de prendre de la vitamine D, prendre du zinc, prendre de l’ivermectine et de l’azithromycine quand on a de la température pendant au moins 36 heures".

Ce conseil ne repose sur aucune preuve scientifique d’efficacité. En ce qui concerne l’ivermectine, un antiparasitaire ayant une action antivirale in vitro, un grand essai clinique appelé TOGETHER, mené par l’Université canadienne McMaster et réalisé au Brésil a conclu que parmi les patients de l’étude, l’ivermectine n’a montré "aucun effet" sur les objectifs de l’essai, à savoir un impact sur les hospitalisations ou la durée ce celles-ci en cas de contamination au coronavirus. Les résultats de l’étude n’ont pas encore été officiellement publiés ou examinés par des pairs.

Quant à l’azithromycine, il s’agit d’un antibiotique, doté de propriétés antivirales et anti-inflammatoires potentielles, mais les preuves de son efficacité font défaut. En effet, ce médicament n’a, d’après les dernières études, pas démontré d’effet significatif ni comme traitement à l’hôpital, lors de l’essai Recovery, ni en traitement précoceIl faut aussi signaler que cet antibiotique peut occasionner des effets secondaires non négligeables : sa prescription à mauvais escient peut donc être dangereuse.

Concernant la vitamine D, s’il est vrai qu’une large majorité de la population belge est carencée, cela ne permet pas de conclure qu’il existerait une corrélation entre l’administration de compléments en vitamine D et un quelconque effet préventif ou curatif du Covid-19. Le Conseil supérieur de la santé a conclu à l’inefficacité de la vitamine D et du zinc pour soigner le Covid-19.

Les vaccinés sont-ils tout aussi contagieux que les non-vaccinés ?

Dr Andri, concernant la contagiosité des personnes vaccinées : "Ils sont tout aussi contagieux que les autres, parce que pour moi, ça ne les protège absolument pas".

"Non, on ne peut dire cela", répond encore Nicolas Dauby. "Tout d’abord, les vaccinés ont un risque plus bas d’être infecté", comme expliqué ci-dessus. "Ensuite, en cas d’infection, une étude néerlandaise en prépublication, qui montre une décroissance plus rapide du virus au niveau des voies respiratoires supérieures chez les vaccinés après une infection par 'percée', malgré la vaccination."

Autrement dit, les personnes vaccinées se débarrassent plus rapidement de la charge virale et le risque de contaminer son entourage est donc plus faibleIl est donc faux d’affirmer que les personnes vaccinées sont tout aussi contagieuses que les autres.

Les vaccinés peuvent-ils transmettre des effets secondaires à des non-vaccinés ?

Dr Andri qui répond à la question "comment éviter d’être contaminé par un vacciné quand on n’est pas vacciné ?" : "Ça, c’est un gros débat. Je ne suis pas capable de répondre. Je ne sais pas dire, je ne sais pas s’il y a des effets secondaires sur les patients qui côtoient les vaccinés".

Il n’y a pas de débat scientifique sur cette question. En effet, les vaccins ne comportent pas de virus actif. Les personnes vaccinées ne peuvent donc rien transmettre par le fait de la vaccination, encore moins un effet secondaire, qui est le fait de la réaction immunitaire de la personne vaccinée. En revanche, au cas où elles seraient infectées par le virus malgré la vaccination (rares infections "de percée vaccinale"), il y a toujours un risque de contaminer d’autres personnes.

Les effets secondaires des vaccins ne sont-ils pas (suffisamment) signalés ?

Dr Andri : "Il faut absolument que ces effets secondaires soient remontés à l’Agence fédérale des Médicaments. Il faut que tous les patients qui ont des effets secondaires le signalent".

C’est le cas. L’Agence fédérale des Médicaments et des produits de Santé, l’AFMPS, recense et répertorie chaque semaine les effets indésirables rapportés en BelgiqueLes effets indésirables d’un vaccin contre la Covid-19 peuvent être signalés au moyen du formulaire de notification en ligne Covid-19 via www.notifieruneffetindesirable.be.

Y a-t-il plus de risques de myocardites et d’infarctus chez les jeunes ou les sportifs ?

Dr Andri concernant les effets secondaires des jeunes qui vont se faire vacciner : "Il y en a plein et il va y en avoir de plus en plus puisqu’on a vacciné seulement tardivement les jeunes patients et on va encore vacciner les jeunes qui vont rentrer à l’école maintenant. Mais ça va être catastrophique. Il va y avoir des myocardites, il va y avoir des infarctus chez les jeunes, des gens qui tombent, des sportifs qui tombent évanouis sur un terrain, sur un terrain de foot. On se demande pourquoi… Ces gens-là, sont vraiment hypermédicalisés. Donc, ce n’est pas par hasard qu’ils sont tombés... qu’ils sont tombés par terre".

Les myocardites (inflammations du cœur) post-vaccinales sont plus souvent rapportées chez les jeunes adultes, répond l’infectiologue Nicolas Dauby. Heureusement, elles sont majoritairement d’évolution bénigne. Par contre, le risque absolu de myocardite reste beaucoup plus important après avoir contracté le Covid-19 qu’après une vaccination, comme en atteste cette étude israélienne.

"Les sportifs qui tombent évanouis sur un terrain de foot" à cause du vaccin, évoqués par la Dr Andri n’existent pas. Le médecin ne source pas cette affirmation. Un cas récent d’accident cardiaque de footballeur durant l’Euro de football a d'ailleurs été faussement attribué à la vaccination. En réalité, le joueur danois Christian Eriksen n’avait pas été vacciné.

Conclusion

Les commentaires de la Dr Andri se fondent sans doute sur son observation individuelle. Cependant, l’analyse des effets indésirables des vaccins ou de leur "réactogénicité" ne peut se faire valablement qu’en comparant de grands groupes de personnes à la statistique générale. Cela permet de voir si les symptômes rapportés sont plus fréquents que dans la population non-vaccinée. Il est important que les professionnels de la santé communiquent de façon suffisamment informée à ce sujet.


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Les propos de la Dr Andri pourraient laisser penser qu’elle est au contact de patients hospitalisés et qu’elle pratique une discipline spécialisée liée au Covid-19, alors qu’elle est médecin généraliste et ne rapporte que des observations individuelles dont les corrélations avec la vaccination ne sont pas avérées et reposent sur une appréciation personnelle non scientifique.

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