"Une croûte, une plaie qui ne guérit pas, consultez votre dermatologue ou votre généraliste"

Plus de 5000 cas de cancer de la peau sont passés sous les radars à cause de la pandémie de COVID-19
Plus de 5000 cas de cancer de la peau sont passés sous les radars à cause de la pandémie de COVID-19 - © JOE RAEDLE - AFP

Vous le savez sans doute, les chiffres ont été publiés ce vendredi, quelque 5000 cas de cancer n’ont pas été diagnostiqués depuis mars, selon la Fondation contre le Cancer. En cause, évidemment, la pandémie de Coronavirus et la réorganisation des services de santé suite à la première vague.

Et si dans ce décompte, 400 cas de mélanomes sont repris, il ne tient pas compte des autres cancers de la peau considérés comme moins graves, parce qu’il y a moins de risque d’en mourir.

N’empêche, ces non-mélanomes représentent, à eux seuls, 4830 cas non diagnostiqués depuis le 1er mars jusqu’au 18 septembre. Avec les mélanomes, cela représente donc 5230 cas ! Ce qui est plus que tous les cancers réunis dont la Fondation contre le Cancer fait état.

Comment expliquer ce nombre important de cancers de la peau ?

D’abord, simplement, parce que "le cancer de la peau est le cancer le plus fréquent qui existe", rappelle le Professeur Dominique Tennstedt, dermatologue.

Mais ce n’est pas la seule raison. Il faut dire que "le cancer de la peau ne fait pas mal, comme beaucoup de cancers, mais celui-là spécialement, sauf dans des stades très avancés. Et donc, les personnes voient une croûte qui ne guérit pas, qui est là, qui revient, que l’on arrache et qui revient. Et elles ne font pas nécessairement attention, et spécialement par le fait que les consultations (avec la première vague du confinement, ndlr) étaient quand même extrêmement ralenties. Elles ont laissé aller les choses".

Et d’ajouter : "Je rappelle que pour les mélanomes, qui sont des tâches beaucoup plus noires, qui elles ne font pas de croûte en général, mais qui grandissent indiscutablement, cela peut-être catastrophique parce que ce cancer-là métastase, c’est-à-dire qu’il va ailleurs très vite, alors que le basocellulaire ne métastase pas".

Une consultation par téléphone ne remplace pas une vraie consultation

"Les consultations par téléphone sont très difficiles quand il s’agit de la peau puisqu’on ne voit pas les lésions", précise le Dr Tennstedt. "Bien sûr, certains ont envoyé des photos ou des choses comme ça, mais si c’est vrai que cela peut de temps en temps attirer notre attention, rien ne remplace une consultation physique".

Ne pas consulter par peur de contracter le Coronavirus est donc une terrible erreur, selon lui. D’autant qu’aujourd’hui d’importantes mesures de précaution, dont les gestes barrière, sont prises pour éviter les contaminations.

Et quand on lui parle de ces quelque 5000 cas, il répond que cela lui fait "mal, parce que je me dis que c’est un effet collatéral du coronavirus et de la manière dont nous avons été gérés. Ça, c’est mon avis personnel. Ça me fait mal de savoir qu’il y a des personnes, et j’en connais personnellement moi-même, qui n’ont pas été diagnostiqués et qui sont maintenant dans des états catastrophiques, voire pire".

Son message aujourd’hui : "Si vous avez une croûte, une plaie qui ne guérit pas, et qui revient incessamment, consultez votre dermatologue ou votre médecin traitant ; Si vous avez une tâche noire qui grandit et qui n’était pas là auparavant, consultez votre dermatologue ou votre médecin traitant".

 

 

 

 

 

 

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